DES MALÉFICIÉS EN GÉNÉRAL
La personne qui se croit victime d’un sortilège a vu quelquefois naitre dans son esprit l’idée du maléfice, en songeant aux troubles étranges qu’elle ressent (sensation de coups d’épingles, viol, vision de membres détachés se promenant dans ses appartements, etc., etc.); d’autres fois elle
Régnault
s'est crue malade, à la suite des menaces d’un sorcier; souvent aussi c’est sur les révélations d'une voisine ou d’un empirique qu’elle s’est crue victime-d’un attentat occulte.
A partir du jour où il se croit ensorcelé, notre malade ‘court de somnambule en somnambule, de sorcier en sorcier. Il ne veut pas aller consulter un médecin : « A quoi bon ! le médecin n’y entend rien; il ne connaît pas ma maladie; puis il ne croit pas au pouvoir des sortilèges ! » Si un jour, enfin, sollicité par sa famille, le malade se hasarde jusque dans le cabinet d’un fils d’Hippocrate, il décrira les symptômes souvent très frustes qu'il prétend ressentir; mais il se gardera bien de 'dire qu’il se croit maléficié.
Il faut rechercher attentivement, comme nous l’avons fait pendant deux ans dans les cliniques et les consultations de maladies mentales et de maladies nerveuses, les personnes qui pensent être atteintes de maléfice, pour se rendre compte combien le nombre de ces malades est encore grand.
Il faut savoir « confesser » le malade, il faut lui montrer qu’on est au courant des pratiques de la sorcellerie, pour le décider à entrer dans la voie des aveux : Oui ! il croit bien que c’est un sort qu’on lui a jeté; il en est même sûr; mais il n’osait pas le dire. Il en avait parlé un jour devant un médecin, celui-ci avait eu l’air fort étonné qu’il existât encore de telles croyances, puis s’était ri de lui : « C’est que les médecins n’y entendent rien. »
Nous avons retrouvé ainsi un certain nombre de variétés de maléficiés, nous en rapportons quelques observations à la fin de ce travail.