‹ La sorcellerieChapitre 9 sur 35 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

Etude de la sorcellerie moderne.

Dans la première partie de notre travail, nous avons vu que la croyance aux sortilèges se retrouvait chez tous les peuples, à quelque race et à quelque religion qu’ils appartiennent. „ •

Nous avons vu également quelles ont été et quelles sont encore les conséquences d’une telle croyance. Nous avons pu constater l’exactitude de cette vérité, que « rien n’est à négliger dans l’opinion des hommes, et que les moindres erreurs, comme les moindres vérités, presque indifférentes en soi, cessent de l’être par leurs conséquences. »

Nous devons maintenant nous demander si cette croyance correspond à des faits réels :

Si, à l'exemple de certains métaphysiciens, nous accordions au consentement universel des peuples une valeur incontestable, nous devrions nous empresser dç conclure, dès maintenant, que les sorciers ont un pouvoir réel, que la crainte des sortilèges est bien légitime et notre travail serait terminé.

Si, au contraire, nous nous enrôlions sous la bannière de ces sceptiques qui rejettent a priori, sans examen préalable, tous les faits qui semblent merveilleux, il nous suffirait

Régnault

de plaisanter agréablement la crédulité de nos grand-pères et de bon nombre de nos contemporains, pour rallier à notre conclusion tous les esprits forts et tous les rieurs de France, ce qui comprendrait déjà une certaine partie de l'élite de la nation.

Mais des conclusions aussi précipitées, tant dans un sens, que' dans l’autre, ne sauraient satisfaire les chercheurs impartiaux qui ne nient rien a priori, mais n'admettent rien sans preuves.

Nous allons donc nous résigner, tout d'abord, à secouer la poussière des vieux grimoires, à pénétrer dans les antres des sorcières, les « salons » des somnambules, les sanctuaires des spirites et à glisser un coup d'œil discret dansles laboratoires de magie noire, afin de connaître les pratiques de la sorcellerie qui ne manquent pas d5un certain intérêt de curiosité. Nous étudierons ensuite les personnes qui ont recours à ces pratiques, c’est-à-dire les sorciers, et leurs prétendues victimes, les maléflciés. En étudiant ces derniers nous devrons examiner les différentes opinions émises sur

l'action des sortilèges.

Nous plaçant ensuite à un point de vue plus pratique, nous nous demanderons quelle peut être la responsabilité d’un individu qui se croit maléfîeié; quelle peut être la responsabilité d’un sorcier ; quelles sont les mesures à prendre pour lutter contre la sorcellerie; quelle thérapeutique doit être employée contre les prétendus sortilèges.

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