ACTE QUATRIÈME
monde. Et nous rirons bien. Oh ! que nous rirons ! Ah ! que nous rirons donc ! »
Elle se tord de rire, s'étrangle, après s'être assise sur la marche du tribunal, aux pieds de Ximénès.
XIMÉNÈS
Oui ! oui ! nous rirons. C'est convenu ! — Et celles que tu nous as dénoncées comme étant au sabbat avec loi... Astaroth les sauvera-t-il aussi du bûcher?
AFRIDA, haineuse.
Oh ! celles-là qui m'ont traitée de vieille folle, parce qu'elles sont jeunes et bien nippées, sûrement que je les verrai brûler, sur votre bûcher, tandis qu'Astaroth m'emportera !
XIMÉNÈS
Tourne un peu les yeux de ce côté, (ii lui indique
Zoraya.) Et regarde cette femme. (Elle se lève, désignant
zoraya.) Oui, cclle-là!... Sa figure ne te dit rien?
A F R I D A , se rapprochant de Zoraya et se penchant sur elle.
Oui... J'ai vu ce museau-là quelque part! Lève donc un peu les yeux, la belle ! qui fait la dégoûtée de me voir... (subitement.) Oui! oui! Je la reconnais ! . . . En voilà encore une ! . . .
XIMÉNÈS
Une quoi?
AFRIDA.
Une de là-bas, donc!... De celles qui dansent au sabbat !
Z 0 R A Y A , révoltée, debout.
Moi? moi?
AFRIDA,
Oui ! toi ! Ne fais donc pas la bégueule ! Je t'ai vue comme je te vois... faire ripaille avec nous ! . . .
Mais tu mens, misérable!... Tu mens! — Ne croyez pas cette exécrable folle.
AFRIDA, furieuse.
Folle!... Ah! tu me traites de folle, toi aussi!... Oui, messeigneurs, oui, je l'ai vue, je vous dis, je Fai vue se pâmer dans les bras d'un diable à tête de bouc !