‹ La sorcière, drame en cinq actesChapitre 102 sur 133 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

XIMÉNÈS

Ce démon-là est bien osé de a enir céans nous braver en face! — Holà! femme, congédie ce mauvais galant et réponds au tribunal qui n'est pas fait pour attendre.

Afrida sourit d'un air idiot et de la main fait signe de patienter. AFRID A.

Patience ! . . . patience ! . . . Il s'en va !

Elle éclate d'un rire stupide.

XIMÉNÈS

De quoi ris-tu, vieille ribaude?

AFRIDA, de même.

De la grimace qu'il vous a faite en s'en allant.

XIMÉNÈS

Prends garde à celle qu'on te fera faire sur le chevalet ! (Afrida va pour parler.) Assez de mômeries ! . . . Tu as confessé l'autre jour tes mauvaises pratiques envers tes voisins, faisant mourir leurs enfants et leurs poules, flamber leurs toits et pleuvoir la grêle sur leurs champs...

AFRIDA.

Oui donc, pour me venger de ce qu'ils étaient plus heureux que moi. . .

Et tu as confessé être allée au sabbat?

AFRIDA,

Oh ! j'y suis bien allée (Elle compte sur ses doigts.) plus de trente fois.

XIMÉNÈS

Par quel moyen?

AFRIDA.

Sur le mouton noir ou le gros chat roux donc, qui viennent me prendre au lit, dès que je dors... Et alors, houp! houp! à travers champs, par-dessus les clochers, jusqu'à l'assemblée, où le grand diable Astaroth, dès qu'il me voit : a Ah! voilà ma petite Afrida ! Allons , mignonne , viens ça que je t'acolle! » Car il m'aime par-dessus tout, le paillard, et me dit toujours : (( Va, ne crains rien, mon petit poulet, s'ils veulent te brûler, je te tirerai du bûcher devant tout le

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