ACTE CINQUIÈME
PADILLA
Ma fille ! Je veux ma fille !
MOLINA
Veux-tu la devoir à TEnfer?
PADILLA
Il me l'a prise ! Qu'il me la rende !
IBARRA
Il y va du salut de ton âme.
PADILLA
Du salut de ma fille !
GALABAZAS .
Mieux vaudrait sa mort !
Ah! prêtres, vous n'avez pas d'enfants! Mais le roi est père, lui!... Il me comprendra!
Ici, sortent de l'église quatre jeunes filles du couvent de la Merci, deux religieuses, puis, sous la conduite d'Enrique, Fatoum et Joana endormie, dans une sorte de fauteuil à dossier bas, sous un riche manteau semé de fleurs blanches. Il est porté par des laquais, à la livrée de Padilla, qui la déposent au bas des marches. La foule qui s'est rapprochée de l'église annonce et accueille par un frémissement de curiosité et d'intérêt l'arrivée de la jeune fille. Au loin, dans l'église, cantique de voix de femmes. Profond silence sur la scène. Tous les assistants sur la place avancent, le cou tendu, pour voir, les femmes au premier rang. Les religieuses, les jeunes filles, Fatoum et Padilla à genoux, sous le porche. A droite, à l'entrée de la ruelle, Aisha et Zaguir qui ont apparu dès l'arrivée de Zoraya. Zoraya monte sur les marches derrière Joana et la soulève doucement, face au public. On voit la jeune fille paie comme morte, les yeux clos. Enriquc à gauche, debout.
ZORAYA, après avoir posé ses doigts sur les paupières de Joana puis sur le sommet de la tète, à mi-voix.
Joana! Joana! (joana tressaille. Zoraya souffle sur son front.) Réveille-toi ! (Avec autorité.) Je le veux ! . . . (joana, lentement et avec cff'ort, ouvre les yeux. Frémissement des assistants.) Lève-toi !
Joana, avec l'aide de Zoraya, se soulève, se lève et pose les pieds à terre, debout. Clameur d'admiration dans la foule. Joana regarde autour d'elle, surprise.
JOANA.
Où suis-je?... (Elle regarde, voit Zoraya.) La Mauresque!... Fatoum!... Mes sœurs!...