‹ La sorcière, drame en cinq actesChapitre 20 sur 133 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

ZORAYA , debout, près d'Enrique assis, prend la main gauche qu'il lui tend et l'observe.

Tu es loyal, seigneur, et vaillant!... mais de volonté faible et chancelante...

ENRIQUE

Où vois-tu cela?

ZORAYA.

Dans la ligne de tête, et cette première phalange de ton pouce qui est courte... Comme je vois ici que tu es sujet à des accès de colère subits et redoutables.

ENRIQUE, souriant.

C'est vrai ! (a Ramiro, sans se retourner.) N'cst-CO pas,

Ramiro?

RAMIRO, grommelant à mi-voix.

Plût au ciel qu'il en eût un à t'étrangler, maudite !

ZORAYA, même jeu.

La ligne de vie, belle au début... s'arrête court !... Danger de mort... foudroyante...

EN RI QUE, gaiement.

Celle du soldat, tant mieux ! — Assieds-toi donc, tu seras plus à Taise...

Il lui fait place près de lui sur la pierre. ZORAYA, assise, même jeu.

Ces rides qui se croisent à la base du pouce, complexion très... très amoureuse !...

EN RI QUE, gaiement.

Oh ! pour cela, oui !

ZORAYA.

Ce grand sillon rouge qui rattache le pouce à la ligne de vie, une passion!... Oh! celle-là! comme elle te possède ! . . . Elle ne prendra fin qu'avec ta vie...

ENRIQUE

Alors partagée?...

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