‹ La sorcière, drame en cinq actesChapitre 21 sur 133 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

ZOKAYA.

Je ne sais ! . . . Mais que d'obstacles !

Tout en observant la main, elle s'est penchée de plus en plus, toule blottie contre Enrique, troublé par ce rapprochement de leurs corps, par les parfums arabes qui se dégagent de la chevelure de Zoraya, par la chaleur de sa main.

ENRIQUE, se redressant après s'être penché sur la nuque de Zoraya.

A quelle fleur as-tu dérobé ce parfum ?

ZORAYA.

A la cassie dorée I

ENRIQUE

C'est exquis ! — ïoi qui lis si bien l'avenir dans

la main. . . (eUc se redresse et va pour retirer sa main.) NoUj

non, ne retire pas la tienne... Saurais-tu lire aussi le présent dans ma pensée ?

Il tourne doucement le visage de Zoraya vers le sien* ZORAYA, soutenant le feu de son regard.

Oui ! (a mi-voix.) ïu peiiscs que je suis belle et (Jésirftble !

EN RI QUE, vivement, de même.

Oui.

ZORAYA, de même.

Mais je suis la Sarrasine, la païenne, la réprouvée ! Celle que tu n'as pas le droit d'aimer !

ENRIQUE

D'autant plus désirable!...

ZORAYA, de même.

Et tu trouves bien sévère l'édit royal qui nous en punirait : moi, par les oubliettes... toi, par les galères ou le bûcher !

ENRIQUE

Trop sévère. Assurément !

ZORAYA.

N'est-ce pas que Kalem était bien excusable de braver une loi si cruelle?

Oui.

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