ACTE PREMIER
ZORAYA.
Et qu'elle est bien digne de pitié la mallieureuse qui n'a pas su résister au vertige d'un tel amour ?
ENRIQUE
La cUrélienne !...
ZORAYA.
Ail ! que je la comprends d'avoir oublié qu'elle était Espagnole et catholique, pour n'être plus qu'une femme, une simple femme ! 0 Nature ! devant toi... Que je l'envie de s'être donnée corps et âme à l'être adoré, sans effroi de la torture qui la menaçait dans ce monde... de la danniation qu'on lui promettait dans l'autre !
ENRIQUE
Tu serais aussi vaillante qu'elle ?
ZORAYA, debout.
Ail ! certes oui !.. . pour qui serait aussi vaillant que lui ! — Vienne un Kalem de ta race ! Il est digne de moi ! Et je lui promets de belles heures d'ivresse à celui-là qui ne croira pas les payer
Irop cher par la peur du bourreau, et qui bravera les flammes du bûcher, pour celles que le soleil d'Afrique a coulées dans mes veines ! . . .
ENRIQUE, la prenan t à bras-le-corps.
Ce sera moi! (Elle ie repousse doucement. U reprend son sang-froid et se dégageant.) Ail ! démOU ! tU me grises !
A a-t'eii !
ZORAYA.
Adieu donc ! cher seigneur.
ENHIQUE, debout.
Adieu ! ... oui, adieu ! . . . Cela vaut mieux ainsi ! (a Ramiro et Arias. ) Laissez aller cette femme ! (eiic remonte le tertre lentement, ramassant des fleurs.) Quelle Créature
est-ce là?. . . Sa main brûle la mienne et ses regards me vrillent la cervelle !
RAMIRO
Je vous ai prévenu, seigneur ! Dites vite un Pater et deux Ave pour rompre le charme.
A R I A S , s'apprêtanl à lancer un trait d'arbalète à Zoraya*
Il y a mieux... Morte la bête, morti.^