ACTE DEUXIÈME
ZORAYA.
Deux nuits sans le voir ! ... Et ne rien savoir de lui, quel supplice!... Et de si mauvais rêves! Donne-moi les tarots...
Aisha lui apporte un jeu de tarots qu'elle étale sur la petite table. La sonnerie des cloches s'éteint peu à peu.
AISHA.
Il a pu être avisé de la présence de ces gens...
ZORAYA.
Cette nuit, soit... Mais Tautre... Zaguir les avait-il déjà vus?
AISHA.
Non.
ZORAYA, toujours occupée à ranger ses tarots.
Alors, ce n'est pas cela!
AISHA.
Quelque obligation subite.
5t LA SORCIÈRE.
ZORAYA.
Laquelle? Il est libre! Il n'a ni père, ni mère, ni femme, ni enfants !
AISHA.
Il commande les archers ^ espingoliers et arbalétriers de la ville. Quelque affaire de service!
ZORAYA.
Depuis deux jours?
ATSHA.
Il est membre du Conseil de Castille ; on a pu le mander à Aranjuez, où est le roi.
ZORAYA.
Cela oui, peut-être!... Ah! quelle faute de n'avoir pas trouvé le moyen de nous écrire en secret!...
AISHA.
Allah nous en garde! Ce serait le plus sCu' moyen de nous perdre!... Nous sommes assez menacées déjà !
Elle s'assied près de la vasque, à terre.