‹ La sorcière, drame en cinq actesChapitre 43 sur 133 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

AISHA.

J'ai remis à la femme d'Al Mansoiir la liqueur noire qui calme les souffrances de son mari. J'ai donné la bourse d'or à Farizade. La pauvre Saada est revenue encore. Elle se désole... Sa sœur souffre plus que jamais de ce mal...

Sans remède, hélas !...

AISHA.

Elle te conjure d'avoir pitié de cette malheureuse qui demande la mort comme une grâce et de lui donner quelque breuvage qui l'endorme doucement et pour toujours.

Les cloches cessent de sonner.

ZORAYA.

fVli ! c'est bien charité ! On le fait pour un chien malade. Et que l'on condamne une créature humaine, un être aimé à des tortures inutiles, c'est barbare et stupide...

AISHA.

Saada reviendra demain.

ZORAYA.

Prépare pour elle Tessence d'amande amère dans une enveloppe de cire vierge, de la grosseur d'un grain de muscat. C'est de quoi foudroyer la pauvre fille en moins de temps qu'il ne faut pour dire : (( Il n'y a pas d'autre dieu qu'Allah ! » Et s'il y a crime à cela, je le prends à mon compte... C'est tout?

AISHA, avec hésitation.

Non !... Il y a encore quelqu'un que je n'ai pas voulu congédier... Il y a urgence, dit-elle... Elle est là, anxieuse.

Je la connais ?

AISHA, de même.

C'est une ancienne amie de ta mère... Fatoum.

ZORAYA , vivement.

Cette malheureuse qui s'est convertie ! — Je ne veux pas la voir.

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