ACTE DEUXIÈME
JOANA, tristement.
Ah ! vous voyez ! ... Je me suis encore endormie.
ZORAYA.
Non, senorita, non. — C'est moi qui t'ai endormie.
JOANA.
Tu as ce pouvoir ?
ZORAYA.
Et celui de te guérir.
JOANA, vivement.
Dieu t'entende !
Sois assurée déjà que ton mal ne te trahira pas
cette nuit. (Mouvement de joie de Joana. Zoraya continue.)
Mais tout service mérite salaire. Et je mets un prix à ta guérison.
JOANA.
Ah ! je le promets d'avance.
ZORAYA.
Tu vas au couvent de la Merci ?
JOANA.
Oui, demander la bénédiction de la sainte abbesse.
ZORAYA.
Il y a dans ce couvent une chrétienne qui, pour avoir aimé Kalem, est enfermée dans un in-pace, où elle ne voit jamais la clarté du jour; où elle attend la mort comme une délivrance, si elle n'est déjà venue à son appel...
JOANA.
Oui, la pauvre, je sais ; mais aussi son crime...
ZORAYA.
Tu la jugeras bientôt moins coupable. — Implore pour cette malheureuse la miséricorde de l'abbesse, qui n'a rien à te refuser le jour de tes noces... Obtiens d'elle que cette misérable créature sorte de son tombeau ; qu'on lui donne une cellule, où se glisse un rayon de soleil et une autre nourriture que le pain et l'eau d'angoisse auxquels elle est condamnée. Obtiens cela d'abord... Plus tard, nous verrons.