‹ La sorcière, drame en cinq actesChapitre 50 sur 133 · Z0RA.YA · texte numérisé non relu

Z0RA.YA

Non!... C'est une loi de nature que ce mystérieux pouvoir d'une volonté ferme et tenace sur des êtres, comme cette enfant, faits pour le subir! Il est tel, Fatoum, pour le bien comme pour le mal, que, si mon empire sur cette créature débile était moins récent et mieux affermi, je pourrais lui dire en ce moment : (( Tel jour, à telle heure, tu t'endormiras de ce même sommeil. » Et sans qu'elle garde, en état de veille, le moindre souvenir de cet ordre, au jour dit,... à l'heure dite, elle s'endormirait subitement, en dépit même de sa volonté esclave de la mienne ! — Il est temps de la réveiller.

FATOUM.

Pas encore, je t'en prie! — Ta volonté si puissante ne peut-elle la protéger cette nuit contre tout accès de son mal?

ZORAYA.

Je puis le tenter du moins, avec grand espoir de réussite.

FATOUM.

Oh ! fais cela, Zoraya. — Fais-le, je te bénirai.

ZORAYA.

Joana! Je te défends d'avoir cette nuit la moindre crise qui puisse révéler ton mal... Je te le défends... Entends-tu?

JOANA, faiblement.

Oui ! . . . oui !

FATOUM.

Qu'Allah te récompense !

ZORAYA.

Tais-toi, je la réveille.

Elle attire à elle Joana, appuyée sur son épaule, pose sa main sur le sommet de sa tête, souffle sur ses yeux et rouvre ses paupières. Joana soupire, se soulève... se réveille, regarde, s'étonne.

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