ACTE TROISIÈME
CLEOFAS.
A rien!... Il sent le roussi et je vous conseille de le surveiller... Je disais donc... Où en étais-je?
CARDENOS.
Vous parliez de Pétronille.
CLEOFAS,
Ail ! oui, ma gouvernante? — Croiriez- vous que cette malheureuse s'est laissée conduire, à mon insu, chez la Zoraya? Et comme je la voyais tout à fait guillerette : « Hein? lui dis-je, ma poudre de cerf?... — Point! réplique-t-elle. Ce n'est pas votre poudre. . . C'est le remède de la Mauresque ! . . . — Coquine ! fais tes paquets et détale sur l'heure. . . Mieux valait pour toi crever de mes remèdes que guérir des siens ! »
CARDENOS.
Certes!... s'il y a magie...
CLEOFAS.
Il y a magie, Cardenos, n'en doutez pas. Cette sorcière me fait une concurrence déloyale. Non seulement elle ne fait payer aux pauvres ni ses
soins, ni ses remèdes... mais croiriez-vous qu'elle les renvoie souvent avec des poignées d'or? — Luttez donc!... C'est la ruine de notre art.
CARDENOS .
Que Votre Honneur se rassure... on a l'œil sur elle.
Un familier du Saint-Office, vêtu de noir, est entré par la porle de la rue.
LE FAMILIER, venant à lui.
Seigneur Cardenos, Son Éminence vous prie de venir sans retard, pour chose urgente.
CARDENOS.
J'y vais! — Ceci, maître Cleofas, pourrait bien concerner votre Mauresque.
CLEOFAS.
Bien! bien!
Cardenos sort avec l'homme par la rue, au moment où l'on joue une sarabande dans la salle du banquet.