‹ La sorcière, drame en cinq actesChapitre 67 sur 133 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

TOUS

Oh!

CLEOFAS.

Stupéfait, je m'informe et j'apprends, qu'après mon départ, on a eu recours à ce saltimbanque d'Abou-Abaza, qui a soufflé dans la bouche de l'enfant, avec des gestes bizarres, comme ceux-ci, sur ses côtes et qu'après une heure et demie de ce manège il l'a ranimé ! — Où la magie sera-t-elle manifeste, si ce n'est dans ce souffle, ces gestes et cette résurrection diaboliques, ignoble parodie des miracles de l'Écriture?

CARDENOS.

C'est l'évidence même.

CLEOFAS.

^Le misérable est mort!... Mais sa fille, vouée au Diable dès sa naissance, se mêle comme lui de guérir mes malades. Jusqu'à ma propre gouvernante, Pétronille, que je soignais depuis un an pour syncopes et pâmoisons, par la corne de cerf desséchée... qui est, vous le savez, souveraine en pareil cas : la corne de cerf étant principe de vie

au plus haut degré, comme Fhuile de fourmis et le sel de cloportes... quoi qu'en dise cet Oliveira... que Ton m'a donné pour collègue au tribunal.

CARDENOS.

Le chirurgien?

CLEOFAS.

Oui, cet ignorant ne va-t-il pas jusqu'à railler l'adjonction de perles et pierres précieuses à nos remèdes; comme s'il n'était pas constaté journellement que le saphir est souverain contre les ulcères et l'émeraude infaillible contre la peste!

Il se lève.

CARDENOS.

Assurément !

CLEOFAS.

Entre nous, cet Oliveira est un être touL à fait suspect, Cardenos... Je suis sûr qu'il ne croit pas plus au diable et au sabbat qu'à la médecine.

CARDENOS.

Alors à quoi?

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