‹ La sorcière, drame en cinq actesChapitre 72 sur 133 · ACTE TROISIÈME. J · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME. J

Tu avais oublié, n'est-ce pas, de m'inviter à cette fête?

E N R I Q U E , inquiet, après avoir regardé autour de lu i .

Toi! ici... chez...

ZORAYA.

Chez ta femme, oui.

ENRIQUE

Pour lui dire...

ZORAYA, douloureusement.

Ah I malheureux ! Ta seule pensée est pour elle. Tu es moins ému par mon désespoir que par la crainte qu'elle ne te sache l'amant d'une Sarrasine!

ENRIQUE, inquiet.

Plus bas! plus bas, je t'en supplie!

ZORAYA, sans l'écouter.

Ce n'est pas à cette innocente, quand je vous ai vus sur les marches de l'église...

ENRIQUE

Tu étais là?...

ZORAYA, même jeu.

C'est à la ville entière que j'ai failli crier : « Ce chrétien est mon amant! » Mais ce cri-là t'envoyait aux galères du roi... Le cœur m'a manqué, et, lâche que je suis, je me suis enfuie en pleurant!

ENRIQUE

Ne me condamne pas sans m'entendre !

ZORAYA.

Ah! Dieu... toi, toi, qui ce matin encore!... Oh! Dieu! Dieu! est-ce possible?

Elle tombe assise au pied de la colonne. ENRIQUE.

Ma Zoraya, ma faute, la seule, c'est de ne t'avoir pas dit dès le premier jour...

ZORAYA.

Que tu aimais cette fille?

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