ACTE TROISIÈME
ZORAYA.
Tu aimes mieux que le Saint- Office te délivre de moi ?
ENRIQUE
Ah ! quelle indignité !
ZORAYA.
C'est ce qui m'attend... Cette nuit peut-être.
ENRIQUE
Et où iras-tu, malheureuse?
ZORAYA.
Dans la Sierra, par des sentiers connus des nôtres, chez les rebelles. Plus tard je saurai bien gagner la terre d'Afrique et me réfugier à Tanger chez les frères de mon père.
ENRIQUE
Et il y aura entre nous des monts, des fleuves, des mers!... Et nous serons pour toujours arrachés l'un de l'autre ?
ZORAYA.
Tu l'auras voulu !
ENRIQUE
Non, je ne le veux pas... Abandonner ta maison, soit!... C'est la sagesse... Mais Tolède!... Je saurai bien t'y trouver un asile, où tu seras à l'abri de tout danger.
ZORAYA.
Par exemple, chez ta femme !
ENRIQUE
Ah ! toujours elle !
ZORAYA.
Oui! toujours elle, entre nous!... Toujours, toujours elle !
ENRIQUE
Ni elle, ni personne... Ni rien au monde!
ZORAYA.
Dis-tu vrai ?