ACTE QUATRIÈME
CALABAZAS,
Et l'autre sorcière? — Cette jeune paysanne de Torrij(3s, que l'on a trouvée au petit jour étendue, toute nue, dans un bois, sur le sol piétiné par des danses infernales, souillé par les débris d'un abominable festin, et tout chaud d'un grand feu dont les tisons et les cendres étaient encore visibles? — Maître Oliveira la croit-il aussi innocente, celle-là?
OLIVEIRA
Je lai fait causer! — C'est une pauvre fille de la campagne, séduite par son maître qui l'a abandonnée avec un enfant, dans la plus noire misère. Une bohémienne de passage lui a proposé d'aller au sabbat, où Satan lui donnerait beaucoup d'or, et l'a conduite à une assemblée nocturne de malandrins et de ribaudes, qui, à l'aide de je ne sais quelle drogue, l'ont plongée dans un assoupissement, dont elle n'est sortie qu'au petit jour, avec le vague souvenir d'horribles débauches ! Orgie! oui! Mais sabbat?... Qui le prouve?...
CLEOFAS.
Le sigillmn ou sligma Diaboli, maître Oliveira ! Cette marque que le Diable fait avec sa fourche
OU ses cornes sur le corps de ses créatures et que nous avons trouvée, vous et moi, sur la chair de cette fille, en deux endroits, où nos aiguilles ont pénétré, sans qu'il coulât du sang et qu'elle eût rien senti.
Approbation.
OLIVEIRA
J'en ai trouvé trois sur le corps de la supérieure de l'Incarnation qui, depuis, est morte en odeur de sainteté !
Il remonte vers le fond, suivi des yeux par les inquisiteurs mécontents.
CALABAZAS, à mi-voix.
Ce chirurgien est trop raisonneur ! , . .
CLEOFAS.
Ne m'en parlez pas !
brûlerait personne ! . . .
— Si on l'écoutait, on ne