‹ La sorcière, drame en cinq actesChapitre 98 sur 133 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les Mêmes, ZORAYA.

XIMÉNÈS, à Cleofas, qui se lève et le salue.

Vous avez à parler, maître Cleofas?

CLEOFAS.

Avec la permission de Votre Éminence, avant qu'elle interroge l'accusée, je ferai remarquer au tribunal, qu'au mépris des édits royaux, elle a persisté dans la damnable coutume arabe de se peindre les paupières, les cils et les sourcils ; et je gagerais bien que ses talons sont dorés, comme les ongles de ses pieds.

XI MENÉ s, àZoraya.

Est-ce exact?

ZORAYA.

Oui, seigneur.

Cleofas se rassied.

XIMÉNÈS

Passons, et plût au ciel qu'elle n'eût pas à expier de plus grands crimes! (a zoraya.) Ton nom?

ZORAYA.

Zoraya, fille du savant médecin Abou-Abaza ! . . .

Geste ironique de Cleofas au mot de médecin. XIMÉNÈS.

Ton père était, paraît-il, un nécromant avéré?. . .

ZORAYA.

C'est une calomnie des ignorants qui tiennent pour diabolique tout ce qui passe leur savoir.

XIMÉNÈS

Il t'a enseigné l'art de guérir?

ZORAYA.

Oui, seigneur.

Sans magie?

ZORAYA.

Sans magie.

XIMÉNÈS

Tu es accusée de rapports impurs avec don Enrique Palacios et le fait n'est pas douteux, étant avoué par ton complice.

ZORAYA.

Je ne le nie pas non plus !

XIMÉNÈS

Tu savais cependant qu'il y va pour toi de Vinpace et pour lui des galères !

ZORAYA.

L'amour est plus fort que la crainte !

Le gouverneur se lève et salue Ximénès.

XIMÉNÈS

Parlez, gouverneur.

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