ACTE QUATRIÈME
PADILLA
Ramiro, témoin de la première rencontre de don Enrique avec cette femme qui avait fait disparaître le corps de Kalem, vient de m'avoiier un fait qu'il avait toujours tenu secret, par affection pour son maître. C'est don Enrique qui a fait relâcher cette malheureuse, visiblement fasciné par les regards et les paroles magiques auxquels elle a eu recours pour se faire mettre en liberté.
XI MÈNE s, àZoraya.
Tu entends?
Le gouverneur se rassied.
ZORAYA.
Je n'ai eu recours pour l'attendrir qu'aux séductions habituelles à toutes les femmes.
XIMÈNÈS.
Et tu l'as grisé d'amour, sans incantations, philtres et autres procédés damnables?
ZORAYA.
Sans autre philtre que mon ardent amour potfi' luil
XIMÉNÈS
Bref, tu nies être sorcière?
ZORAYA.
Si je l'étais, je serais déjà loin d'ici!
C'est une joie pour le Malin d'abandonner ses fidèles dans le péril. Et tu es suspecte de sorcellerie à bien des titres, étant fille d'un père accusé de magie et musulmane non convertie. — Pourquoi n'as-tu pas renié Mahomet pour le Christ?
ZORAYA.
J'attendais que les chrétiens fussent meilleurs que nous.
Mouvement du tribunal.
XIMÉNÈS
Et naturellement tu nies aussi être allée au sabbat?
ZORAYA, vivement.
Ah! certes oui, je le nie! Oui, je le nie!