‹ La SorcièreChapitre 11 sur 25 · SS · texte numérisé non relu

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punis temporellement » dans leur corps et dans leur chair.

Les pauvres Pères furent brisés. Leur diable ne souffla plus mot. Ils allèrent trouver l’évêque, et lui dirent qu’en effet on ne pouvait guère refuser de représenter Gauffridi à la Sainte-Baume, et de faire acte d’obéissance ; mais qu’après cela l’évêque et le chapitre le réclameraient, le replaceraient sous la protection de la justice épiscopale.

On avait calculé aussi sans doute que la vue de cet homme aimé allait fort troubler les deux filles, que la terrible Louise elle-même serait ébranlée des réclamations de son cœur.

Ce cœur, en effet, s’éveilla à l’approche du coupable; la furieuse semble avoir eu un moment d’attendrissement. Je ne connais rien de plus brûlant que sa prière pour que Dieu sauve celui quelle a poussé à la mort : « Grand Dieu, je vous offre tous les sacrifices qui ont été offerts depuis l’origine du monde et le seront jusqu’à la fin... le tout pour Louis!... Je vous offre tous les pleurs des saints, toutes les extases des anges... le tout pour Louis ! Je voudrais qu’il y eût plus dames encore pour que l’oblation fût plus grande... le tout pour Louis! Pater de cœlis Deus, miserere Ludovici! Fili redemptor mundi Deus , miserere Ludovici!... » etc.

Vaine pitié! funeste d’ailleurs!... Ce quelle eût voulu, c’était que l’accusé ne s’endurcit pas, qu’il s’avouât coupable. Auquel cas il était sûr d'être brûlé, dans notre jurisprudence.

Elle-même, du reste, était finie, elle ne pouvait

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plus rien. L’inquisiteur Michaëlis, humilié de n’avoir vaincu que par elle, irrité contre son exorciste flamand, qui s était tellement subordonné à elle et avait laissé voir à tous les secrets ressorts de la tragédie, Michaëlis venait justement pour briser Louise, sauver Madeleine et la lui substituer, s’il se pouvait, dans ce drame populaire. Ceci notait pas maladroit et témoigne d’une certaine entente de la scène. L’hiver et l’Advent avaient été remplis par la terrible sibylle, la bacchante furieuse. Dans une saison plus douce, dans un printemps de Provence, au Carême, aurait figuré un personnage plus touchant, un démon tout féminin dans une enfant malade et dans une blonde timide. La petite demoiselle appartenant à une famille distinguée, la noblesse s’y intéressait, et le Parlement de Provence.

Michaëlis, loin d’écouter son Flamand, l'homme de Louise, lorsqu’il voulut entrer au petit conseil des parlementaires, lui ferma la porte. Un Capucin, venu aussi , au premier mot de Louise, cria : « Silence, Diable maudit! »

Gauffridi cependant était arrivé à la Sainte- Baume, où il faisait triste figure. Homme d’esprit, mais faible et coupable, il ne pressentait que trop la fin d’une pareille tragédie populaire, et, dans sa cruelle catastrophe, il se voyait abandonné, trahi de l’enfant qu’il aimait. Il s’abandonna lui-même, et, quand on le mit en face de Louise, elle apparut comme un juge, un de ces vieux juges d’Église, cruels et subtils scolastiques. Elle lui posa les questions de doctrine, et à tout il répondait oui,

lui accordant même les choses les plus contestables, par exemple, « que le Diable peut être cru en justice sur sa parole et son serment, »

Cela ne dura que huit jours (du 1er au 8 janvier). Le clergé de Marseille le réclama. Ses amis, les Capucins, dirent avoir visité sa chambre et n avoir rien trouvé de magique. Quatre chanoines de Marseille vinrent d’autorité le prendre et le ramenèrent chez lui.

Gauffridi était bien bas. Mais ses adversaires n’étaient pas bien haut. Même les deux inquisiteurs, Michaëlis et le Flamand , étaient honteusement en discorde. La partialité du second pour Louise, du premier pour Madeleine, dépassa les paroles même, et l’on en vint aux voies de fait. Ce chaos d’accusations de sermons, de révélations, que le Diable avait dictées par la bouche de Louise, le Flamand, qui l’avait écrit, soutenait que tout cela était parole de Dieu, et craignait qu’on n’y touchât. Il avouait une grande défiance de son chef Michaëlis, craignant que, dans l’intérêt de Madeleine, il n’altérât ces papiers de manière à perdre Louise. Il les défendit tant qu’il put, s’enferma dans sa chambre, et soutint un siège. Michaëlis, qui avait les parlementaires pour lui, ne put prendre le manuscrit qu’au nom du roi et en enfonçant la porte.

Louise, qui n’avait peur de rien, voulait au roi opposer le pape. Le Flamand porta appel contre son chef Michaëlis à Avignon, au légat. Mais la prudente cour papale fut effrayée du scandale de voir un inquisiteur accuser un inquisiteur. Elle

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n’appuya pas le Flamand, qui n’eut plus qu’à se soumettre. Michaëlis , pour le faire taire, lui restitua les papiers.

Ceux de Michaëlis, qui forment un second procès-verbal assez plat et nullement comparable à l’autre, ne sont remplis que de Madeleine. On lui fait de la musique pour essayer de la calmer. On note très soigneusement si elle mange ou ne mange pas. On s’occupe trop d’elle en vérité, et souvent de façon peu édifiante. On lui adresse des questions étranges sur le magicien, sur les places de son corps qui pouvaient avoir la marque du Diable. Elle-même fut examinée. Quoiqu’elle dût l’être à Aix par les médecins et chirurgiens du Parlement (p. 70), Michaëlis, par excès de zèle, la visita à la Sainte-Baume, et il spécifie ses observations (p. 69). Point de matrone appelée. Les juges, laïques et moines, ici réconciliés et n’ayant pas à craindre leur surveillance mutuelle, se passèrent apparemment ce mépris des formalités.

Ils avaient un juge en Louise. Cette fille hardie stigmatisa ces indécences au fer chaud : « Ceux qu’engloutit le Déluge n’avaient pas tant fait que ceux-ci!... Sodome, rien de pareil n’a jamais été dit do toi!... »

Elle dit aussi : « Madeleine' est livrée à l’impureté ! » C’était, en effet, le plus triste. La pauvre folle, par une joie aveugle de vivre, de netre pas brûlée, ou par un sentiment confus que c’était elle maintenant qui avait action sur les juges, chanta, dansa par moments avec une liberté honteuse, impudique et provocante. Le prêtre de la Doctrine,

le vieux Romillion, en rougit pour son Ursuline. Choqué de voir ces hommes admirer ses longs cheveux, il dit qu’il fallait les couper, lui ôter cette vanité.

Elle était obéissante et douce dans ses bons moments. Et on aurait bien voulu en faire une Louise. Mais ses Diables étaient vaniteux, amoureux, non éloquents et furieux, comme ceux de l’autre. Quand on voulut les faire prêcher, ils ne dirent que des pauvretés. Michaëlis fut obligé de jouer la pièce tout seul. Comme inquisiteur en chef, tenant à dépasser de loin son subordonné Flamand, il assura avoir déjà tiré de ce petit corps une armée de six mille six cent soixante diables; il n’en restait qu’une centaine. Pour mieux convaincre le public, il lui fit rejeter le charme ou sortilège quelle avait avalé, disait-il, et le lui tira de la bouche dans une matière gluante. Qui eût refusé de se rendre à cela? L’assurance demeura stupéfaite et convaincue.

Madelaine était en bonne voie de salut. L’obstacle était elle-même. Elle disait à chaque instant des choses imprudentes qui pouvaient irriter la jalousie de ses juges et leur fait perdre patience. Elle avouait que tout objet lui représentait Gauffridi, . quelle le vojrait toujours. Elle ne cachait pas ses songes érotiques. «Cette nuit, disait-elle, j’étais au sabbat. Les magiciens adoraient ma statue toute dorée. Chacun d’eux, pour l’honorer, lui offrait du sang, qu’ils tiraient de leurs mains avec des lancettes. Lui, il était là, à genoux, la corde au cou, me priant do revenir à lui et de ne pas le trahir...

Je résistais... Alors il dit : « Y a-t-il quelqu’un ici « qui veuille mourir pour elle? — Moi, dit un jeune « homme, » et le magicien l’immola. »

Dans un autre moment, elle le voyait qui lui demandait seulement un seul de ses beaux cheveux blonds. «Et, comme je refusais, il dit : «La moitié « au moins d’un cheveu. »

Elle assurait cependant quelle résistait toujours. Mais un jour, la porte se trouvant ouverte, voila notre convertie qui courait à toutes jambes pour rejoindre Gauffridi.

On la reprit, au moins le corps. Mais l’âme? Michaëlis ne savait comment la reprendre. Il avisa heureusement son anneau magique. Il le tira, le coupa, le détruisit, le brûla. Supposant aussi que l’obstination de cette personne si douce venait des sorciers invisibles qui s’introduisaient dans la chambre, il y mit un homme d’armes, bien solide, avec une épée, qui frappait de tous les côtés, et taillait les inyisibles en pièces.

Mais la meilleure médecine pour convertir Madeleine, ce fut la mort de Gautfridi. Le 5 février, l’inquisiteur alla prêcher le Carême- à Aix, vit les juges et les anima. Le Parlement, docile à son impulsion, envoya prendre à Marseille l’imprudent, qui, se voyant si bien appuyé de levêque, du chapitre, des Capucins, de tout le monde, avait cru qu’on n’oserait.

Madeleine d’un côté, Gautfridi de l’autre, arrivèrent à Aix. Elle était si agitée, qu’on fut contraint de la lier. Son trouble était épouvantable, et l’on n’était plus sûr de rien. On avisa un moyeu

bien hardi avec cette enfant si malade, une de ces peurs qui jettent une femme dans les convulsions et parfois donnent la mort. Un vicaire général de l’archevêché dit qu’il y avait en ce palais un noir et étroit charnier, ce qu’on appelle en Espagne un pourrissoir (comme on en voit à l’Êscurial). Anciennement on y avait mis se consommer d’anciens ossements de morts inconnus. Dans cet antre sépulcral, on introduisit la fille tremblante. On l’exorcisa en lui appliquant au visage ces froids ossements. Elle ne mourut pas d’horreur, mais elle fut dès lors à discrétion, et l’on eut ce qu’on voulait, la mort de la conscience, l’extermination de ce qui restait de sens moral et de volonté.

Elle devint un instrument souple, à faire tout ce qu’on voulait, flatteuse, cherchant à deviner ce qui plairait à ses maîtres. On lui montra des huguenots, et elle les injuria. On la mit devant Gautfridi, et elle lui dit par cœur les griefs d’accusation, mieux que n’eussent fait les gens du roi. Cela ne l’empêchait pas de japper en furieuse quand on la menait à l'église, d’ameuter le peuple contre Gauifridi en faisant blasphémer son Diable au nom du magicien. Belzébub disait par sa bouche : « Je renonce à Dieu , au nom de Gautfridi , je renonce à Dieu, » etc. Et au moment de l’élévation : « Retombe sur moi le sang du Juste, de la part de Gautfridi! »

Horrible communauté. Ce Diable à deux damnait l’un par les paroles de l’autre; tout ce qu’il disait par Madeleine, on l'imputait à Gautfridi. Et la foule épouvantée avait hâte de voir brûler le

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blasphémateur muet dont l’impiété rugissait par la voix de cette fille.

Les exorcistes lui firent cette cruelle question, à laquelle ils eussent eux-mêmes pu répondre bien mieux qu’elle : « Pourquoi, Belzébub, parles-tu si mal de ton grand ami? » — Elle répondit ces mots affreux : « S’il y a des traîtres entre les hommes, pourquoi pas entre les démons? Quand je me sens avec Gauffridi, je suis à lui pour faire tout ce qu’il voudra. Et quand vous me contraignez, je le trahis et m’en moque. »

Elle ne soutint pas pourtant cette exécrable risée. Quoique le démon de la peur et de la servilité semblât l’avoir toute envahie, il y eut place encore pour le désespoir. Elle ne pouvait plus prendre le moindre aliment. Et ces gens qui depuis cinq mois l’exterminaient d’exorcismes et prétendaient l’avoir allégée de six mille ou sept mille diables, sont obligés de convenir quelle ne voulait plus que mourir et cherchait avidement tous les moyens de suicide. Le courage seul lui manquait. Une fois, elle se piqua avec une lancette, mais n’eut pas la force d’appuyer. Une fois, elle saisit un couteau, et, quand on le lui ôta, elle tâcha de s’étrangler. Elle s’enfoncait des aiguilles, enfin essaya follement de se faire entrer dans la tête une longue épingle par l’oreille.

Que devenait Gauffridi? L’inquisiteur, si long sur les deux filles, n’en dit presque rien. Il passe comme sur le feu. Le peu qu’il dit est bien étrange. Il conte qu’on lui banda les yeux, pendant qu’avec des aiguilles on cherchait sur tout son corps la

place insensible qui devait être la marque du Diable. Quand on lui ôta le bandeau, il apprit avec étonnement et horreur que, par trois fois, on avait enfoncé l’aiguille sans qu’il la sentit; donc il était trois fois marqué du signe d'Enfer. Et l’inquisiteur ajouta : “ Si nous étions en Avignon, cet homme serait brûlé demain. «

Il se sentit perdu, et ne se défendit plus. Il regarda seulement si quelques ennemis des Dominicains ne pourraient lui sauver la vie. Il dit vouloir se confesser aux Oratoriens. Mais ce nouvel ordre, qu’on aurait pu appeler le juste-milieu du catholicisme, était trop froid et trop sage pour prendre en main une telle affaire, si avancée d’ailleurs et désespérée.

Alors il se retourna vers les moines Mendiants, se confessa aux Capucins, avoua tout et plus que la vérité, pour acheter la vie par la honte. En Espagne, il aurait été relaxé certainement, sauf une pénitence dans quelque couvent. Mais nos parlements étaient plus sévères; ils tenaient à constater la pureté supérieure de la juridiction laïque. Les Capucins, eux-mêmes peu rassurés sur l’article des mœurs, n’étaient pas gens à attirer la foudre sur eux. Ils enveloppaient Gauffridi, le gardaient, le consolaient jour et nuit, mais seulement pour qu’il s’avouât magicien, et que, la magie restant le grand chef d’accusation, on pût laisser au second plan la séduction d’un directeur, qui compromettait le clergé.

Donc ses amis, les Capucins, par obsession, caresses et tendresses, tirent de lui l’aveu mortel,

qui, disaienl-ils, sauvait son âme, mais qui bien certainement livrait son corps au bûcher.

L’homme étant perdu, fini, on en finit avec les filles, qu’on ne devait pas brûler. Ce fut une facétie. Dans une grande assemblée du clergé et du Parlement, on fit venir Madeleine, et, parlant à elle, on somma son diable, Belzébub, de vider les lieux, sinon de donner ses oppositions. Il n’eut garde de le faire, et partit honteusement.

Puis on fit venir Louise, avec son diable Verrine. Mais avant de chasser un esprit si ami de l’Église, les moines régalèrent les parlementaires, novices en ces choses, du savoir-faire de ce diable, en lui faisant exécuter une curieuse pantomime. « Comment font les Séraphins, les Chérubins, les Trônes, devant Dieu? — Chose difficile, dit Louise, ils n’ont pas de corps. » Mais, comme on répéta l’ordre, elle fit effort pour obéir, imitant le vol des uns, le brûlant désir des autres, et enfin l’adoration, en se courbant devant les juges, prosternée et la tète en bas. On vit cette fameuse Louise, si fière et si indomptée, s’humilier, baiser le pavé, et, les bras étendus, s’y appliquer de tout son long.

Singulière exhibition, frivole, indécente, par laquelle on lui fit expier son terrible succès populaire. Elle gagna encore l’assemblée par un cruel coup do poignard quelle frappa sur Gauffridi, qui était là garrotté : « Maintenant, lui dit-on, où est Belzébub, le diable sorti de Madeleine ? — Je le vois distinctement à l’oreille de Gauffridi. »

Est-ce assez de honte et d’horreurs? Resterait à savoir ce que cet infortuné dit à la question. On

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LA SOItCIÉIUÎ.

lui donna l’ordinaire et l’extraordinaire. Tout ce qu’il y dut révéler éclairerait sans nul doute la curieuse histoire des couvents de femmes. Les parlementaires recueillaient avidement ces choseslà, comme armes qui pouvaient servir, mais ils les tenaient « sous le secret de la cour. »

L’inquisiteur Michaëlis, fort attaqué dans le public pour tant d’animosité qui ressemblait fort à la jalousie, fut appelé par son ordre, qui s’assemblait à Paris, et ne vit pas le supplice de Gauffridi, brûlé vif à Aix quatre jours après (30 avril 1611).

La réputation des Dominicains, entamée par ce procès, ne fut pas fort relevée par une autre affaire de possession qu’ils arrangèrent à Beauvais (novembre) de manière à se donner tous les honneurs de la guerre, et qu’ils imprimèrent à Paris. Comme on avait reproché surtout au diable de Louise de ne pas parler latin, la nouvelle possédée, Denise Lacaille, en jargonnait quelques mots. Ils en firent grand bruit, la montrèrent souvent en procession, la promenèrent même de Beauvais à Notre-Dame de Liesse. Mais l’affaire resta assez froide. Ce pèlerinage picard n’eut pas l’effet dramatique, les terreurs de la Sainte-Baume. Cette Lacaille, avec son latin, n’eut pas la brûlante éloquence de la Provençale, ni sa fougue, ni sa fureur. Le tout n’aboutit à rien qu’à amuser les huguenots.

Qu’advint-il des deux rivales, de Madeleine et de Louise? La première, du moins son ombre, fut tenue en terre papale, de peur qu’on ne la fît parler sur cette funèbre affaire. On ne la montrait en public que comme exemple de pénitence. On la

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menait couper avec de pauvres femmes du bois qu’on vendait pour aumônes. Ses parents, humiliés d’elle, l’avaient répudiée et abandonnée.

Pour Louise, elle avait dit pendant le procès : « Je ne m’en glorifierai pas... Le procès fini, j’en mourrai! » Mais cela n’arriva point. Elle ne mourut pas ; elle tua encore. Le Diable meurtrier qui était en elle était plus furieux que jamais. Elle se mit à déclarer aux inquisiteurs par noms, prénoms et surnoms, tous ceux quelle imaginait affiliés à la magie, entre autres une pauvre fille, nommée Honorée, « aveugle des deux yeux, » qui fut brûlée vive.

« Prions Dieu, dit en finissant le P. Michaëlis, que le tout soit à sa gloire et à celle de son Église. »

LA &0&C1ÈHR.

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