Nous mengerons du rosty
Par avanture s'il est cuyt. (v. 366-367)
Bibliographie :
A. FArce Nou |1 uelle très bonne || et fort recreatiue pour rire. Des cris II de Paris ; a troys personnaiges. || Cestassauoir. || ^ Le premier gallant. || ^ Le second gallant. || T Et le Sot. H A B — T Cy fine la farce des cris de \\ paris : Imprime nouuel \\ lement a Lyoni en la || maison de feu Bar II nabe chaussard \\ près nostre i dame de \\ Confort, m. d. || xlviii [i ^48]. In-4 goth. allongé de 8 ff. de 46 1. à la page pleine, signé A-B.
LA SOTTIK KN FRANCE 6c)
Au titre, un bois représentant une comète, qui se retrouve au titre du Sermon joyeux de bien boire.
, . c. ao d.
Mus. brit., — :
B. Viollet le Duc, II, 50^-^2^.
La Reformeresse, farce a six personnages, c'est a sçavoir :
La Reformeresse, Le deuxiesme Galant,
Le Badin, 5 Le troisiesme Galant,
Le premyer Galant, Un Clercq.
[Rouen^ vers i J44.]
La Reformeresse, qui a donné son nom à cette sottie, se retrouve dans une moralité qui nous paraît être du même temps et du même auteur : Les povres Deables. Bien plus, nous croyons reconnaître entre ces deux pièces une parenté si étroite qu'il nous semble probable qu'elles ont fait primitivement partie de la même représentation. Le Sermon joyeux pour rire, qui est placé dans le ms. de La Vallière après la Reformeresse., était peut-être récité entre la sottie et la moralité dont nous parlons. En tout cas, la langue et le style de la Reformeresse^ du Sermon et des Povres Deables offrent des ressemblances frappantes. On y remarque, notamment, une grande incertitude quant à la transcription de la diphthongue oi ; sans parler des cas où elle est rendue par oi, nous relèverons les formes suivantes : dans la sottie, ferouent (feroient), soueî (soit), vouecy , vouere (voire) , voyela, vouerra; dans le sermon, pouessons (poissons), vouecjj bouéîe ; dans la moralité, Souesons (Soissons), vouecy, voyela., vouer., souer, pouesson, bouesson. Quant à la Reformeresse, c'est la maîtresse d'une troupe de fous, et elle possède le droit de tout dire et de tout imprimer. La pièce a peut-être été composée par un imprimeur, qui aura voulu personnifier son métier.
Voici les premiers vers :
La Reformeresse commence.
Par un art que Dieu m'a donné Nommée suys Reformeresse ; Je mais chascun estât en presse, Ainsi qu'il m'est preordonné.
L'homme de savoir guerdonné 5
Me fera révérence expresse, Ou comme une vielle compresse Yl est de moy habandonné...
Le Badin prend la parole et chante deux chansons, dont l'une nous fournit la date approximative de la pièce. Surviennent les Galants qui arrivent également en chantant. La Reformeresse demande qui sont ces personnages ; le Badin répond que ce sont des « Enfans sans soucy )).
Nous assistons alors à une scène qui, un siècle avant le Kom^/zcom/^u^, nous donne des détails assez peu édifiants sur la vie des comédiens. La Reformeresse aura fort à faire pour les réformer, car ils ne poursuivent que le plaisir, fréquentent les lieux de débauche et perdent au jeu le peu qu'ils ont gagné. La conclusion du Badin c'est que
Farceurs, rimeurs et rimaleurs Y sont tous sus le bas mestier.
La pièce se termine ainsi :
Le premier Galant.
Four éviter melencolye, Presseur, qui pressés nos estas, Laissés les en la presse a tas, Puys demain seront despressés.
Affin que vous resjouyssés 280
Les honnestes gens de ce lieu, Une chanson pour dire a Dieu.
La sottie contient quatre chansons, savoir :