Vive le roy
?. Pastourelle jolie
Voy. Gaston Paris, Chansons du XV" siècle, n'^ 2.
Nous attribuons cette pièce à Gringore, non-seulement parce qu'elle reflète son style et son esprit, mais surtout à cause du nom donné au principal personnage. La « Mère » c'est « Mère Sotte « ; or, en 1 5 1 5, c'est à Gringore seul que ce nom paraît avoir appartenu. Cf. Picot, Gringore et les Comédiens italiens ^ i 2 .
Bibliographie :
A. Bibl. nat., ms. franc. n° 17527 (olim S.-Germ. 1 556), in-fol. sur pap. composé de 203 ff., mais en ayant compté primitivement un plus grand nombre (xvi« siècle), fol. 54 [lxxiv] b — 6\ [iiii^x] /,
B. Chronique du roy Françoys premier de ce nom, publiée par Georges Guiffrey (Paris, M"^« V« Jules Raynouard, 1860, in-8), 429-444.
Les Trois Pèlerins, farce morale a quatre personnaiges, c'est assavoir : Malice, Le deuxième Pèlerin,
Le premier Pèlerin, Le troisième Pèlerin.
[Rouen ? vers 1 521 .]
Nous voyons dans les Trois Pèlerins une satire dirigée contre Louise de Savoie, à qui le peuple attribua, non sans fondement, tous les maiheurs qui assaillirent la France sous le règne de François T'. Dès le mois de décembre 1 $ 16, le roi avait fait arrêter et conduire devant lui, à Amboise, trois joueurs de farces : Jacques, clerc de la Bazoche, Jehan Sérac [lis. Serre], et maître Jehan du Pont-Alais, coupable d'avoir représenté la reine-mère sous le nom de « Mère Sotte », pillant l'état et le gouvernant à sa guise [Journal d^un bourgeois de Paris, publié par M. L. Lalanne; Paris, 1854, in-8, 44); mais ces poursuites ne fermèrent pas la bouche aux acteurs populaires. Notre sottie en est la preuve.
Trois Pèlerins « des vaulx», ou plutôt trois a dévots » Pèlerins, sortent de leur retraite pour voir ce qui se passe dans le monde ; Malice leur apprend que tout y est changé. Ce sont les femmes qui gouvernent; quant aux hommes, ils ne recherchent que les plaisirs et ne savent que se faire battre. Le désordre est partout et les Pèlerins feront bien de rester chez eux. Telle est la donnée de la pièce dont voici le début :
Mai.ick commence.
Ou sont ces l'clcrins des vaiilx * ?
Veulent ilz poinct suyvre Malice Par chans, vilages et hameaulx ?
Ou sont ces Pèlerins des vaulx?
Quoy! veulent ilz estre enormaulx ? ^ Sortes, ou g'y metray police.
Ou sont ces Pèlerins des vaulx ?
Veulent y poinct suyvre Malice?
Les acteurs ne parlent qu'à mots couverts et se tiennent sur leurs gardes.
Malick.
Taises vous ; je suys averlye.
Premyérement sçays les contrées Ou plusieurs se sont acoustrés En estât de fcmynin gcrrt.
Le Troisiesme.
A ! ce ne sont point gens de guerre, 4^ Ne vray|z| suppôts du dieu Bacus, Car ilz ne bataillent qu'aux eus...
Le poëte dit comme l'auteur anonyme du Monde qui est crucifié (Montaiglon et Rothschild, Recueil, XII, 222) :
Ce grant malheur vient du féminin gerre-
les spectateurs devaient saisir le sens de cette allusion.
Sous le gouvernement des femmes, le désordre a pénétré même dans
l'église :
Malice.
Ouy, car ceulx de religion
Veulent tenir sa région
Et mesmes grans historyens
Veulent estre luthériens. 64
Ces derniers vers, rapprochés d'un autre passage, montrent que la sottie a été écrite dans les premiers temps de la réforme. Plus loin en effet (v. 136-141) un des Pèlerins parle des persécutions qui pourront être dirigées contre les novateurs, et il ajoute (v. 142-144) :
Et puys y s'en repentiront Ces bouraux ! Ils en mentiront De ce que veulent mettre sus.
Parmi les autres signes de désordre que les quatre acteurs énumèrent il en est un qui nous paraît donner une date plus précise encore (v. 66-68) :
Le Troisième.
Et puys voyla