LES POÈMES
Sa voix d'Océanide a le frisson des ormes.
Ah ! pour ton cœur gonflé le printemps fut trop peu
Tu voulus devancer l'ordre éternel des formes
Et pour mûrir les fruits tu pris la foudre au dieu.
Mais qu'aujourd'hui ton corps desséché sur les cimes Refleurisse ; descends de tes monts, il est temps, L'été brillant du monde a des moissons sublimes Et des vins dont la force enivre les Titans !
Ton vautour succomba sous les flèches d'Alcide.
Viens : le laurier fleurit, le ciel est sans courroux,
Les dieux moins grands que toi sont morts : l'Olympe est vide !'
— Seuls Bacchus pampre d'or et l'oeil toujours humide.
Et Minerve aux yeux bleus t'attendent parmi nous !...
Chant d'amour d'un Brigand Lafin
A M. Paul Valéry.
Siècle à siècle, ApoMon sculpte la brute informe Du sang noir des lions tire un dieu ratlieux : Je veux, par A|iollon. elevor l'honinie ènortne A la simplicité des dieux mélodieux.
OMBRE vierge aux tresses brillantes, Sur la treille, à midi, la cigale a chanté Les roses mûriront dans tes mains bataillantes, Sur ton front empourpré va s éveiller l'oté.
gÔ LES POÈMES
Sois pour moi la face inconnue, La vie est pauvre, hélas ! mais tes yeux éclatants, Comme souffre la foudre énorme dans la nue, Verseront l'harmonie à nos luths palpitants.
Je ne te connais pas et ne veux te connaître, P'arouche je mordrai ta chair comme un bourreau, La colère est ta vie, elle m'a donné l'être, La corne d'or sanglant luit au front du taureau.
Et je t'écraserai comme une grappe mûre, Car moi j'aime comme on se venge ; tes baisers Comme un fleuve de pleurs et de sang qui murmure Chanteront : « Je suis fait de tous les coeurs brisés ! »
Enfin qu'en un beau soir, lune où tu nous convies, Tu dépouilles ta chair et la jettes en moi ; Qu'après avoir pleuré tout ton sang tu souries, — — Que de tes flancs descende une race d'effroi !
Trière à yéiiiis
A M. Félix Fe
Debout sous les colonnades d'un teniple, sur lerivage, Mir/aM est si prodigieusement ému par la vie qu'il craint de défaillir. Alors il se tourne a demi vers les furets et vers la mer. Il a vu \enus :
I je devais mourir quand, ô déesse blancli- Luisent au fond des bois les flambeaux du ptiiii< mp^, Quand le beau fleuve d'or de tes cheveu.x sépanchc, O V'énus et ruisselle en tes bras éclatants ; Quand l'ardeur de ton sein fait refleurir les chène<.