‹ La soupe. La montagne et la vallée; saynètes d'AlsaceChapitre 1 sur 23 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

langue que se fera la rééducation. Mais peut-être aussi sera-t-il bon d'écrire, pour les écoles du pays retrouvé, des choses nouvelles, qui leur montreront au moins qu'on les aime et qu'on pense à elles.

Ces œuvres pourront être de genres très divers : parmi d'autres plus graves, plus utiles, il y aura aussi des amusettes, des fantaisies légères, d'innocentes comédies pour les jours où l'École s'égaie.

C'est de cette pensée que sont sorties les deux piécettes contenues dans ce petit volume, bien qu'elles puissent, d'ailleurs, être jouées dans n'importe quelle localité française.

La première dira aux jeunes filles, aux enfants de l'Alsace, que les vertus ménagères, si florissantes dans leurs familles, sont de celles auxquelles la France continue d'attacher le plus haut prix. De la seconde, empruntée à la tradition populaire de leur pays, se dégage le conseil de ne pas nous arrêter toujours à ce que notre sort a de fâcheux, et celui des autres, d'enviable. J'imagine que la forme de ces deux petites « moralités » ne semblera pas trop austère; et, si leurs jeunes interprètes et auditeurs pouvaient, de plus, y trouver une gouttelette de poésie, l'ambition de l'auteur serait plus que satisfaite.

C'est dans notre Alsace reconquise qu'il les a fait jouer pour la première fois, tandis que bien des anxiétés se mêlaient encore à nos espérances.

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Quoique les auteurs soient, dit-on, une engeance fort irritable, il a été ravi de ses jeunes artistes. La saynète intitulée La Montagne et La Vallée fut représentée en juin 1917 a Saint-Amarin, à Massevaux, à Montreux-Vieux, par de grandes fillettes ou par de toutes jeunes filles; La Soupe, plus longue à faire répéter, ne fut jouée qu'à Saint-Amarin, en juin 19 18, par deux jeunes filles, deux grandes fillettes et trois garçons.

Il n'y a rien de particulier à dire sur ces représentations, sinon que les deux piécettes furent accueillies avec indulgence par des auditoires à coup sûr très accommodants; mais je me permettrai d'ajouter qu'une retentissante « première » à la Comédie-Française n'aurait pas fait à l'auteur la centième partie du plaisir qu'il eut à voir jouer, par de jeunes Alsaciennes et de petits Alsaciens, les bluettes qu'il leur ofirait avec tout son cœur.

Aux saynètes j'ai ajouté deux poèmes destinés à rappeler deux souvenirs qui doivent particulièrement tenir au cœur de la jeunesse alsacienne. Le premier a un caractère sacré : c'est celui de nos soldats tombés sur la terre d'Alsace pendant la grande guerre, et dont le sacrifice a contribué à rendre aux Alsaciens leur patrie. L'autre est celui de l'aide généreuse et décisive apportée à notre cause par les Etats-Unis, dont les troupes arrivé-

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