‹ La soupe. La montagne et la vallée; saynètes d'AlsaceChapitre 10 sur 23 · LE MORCEAU DE LARD · texte numérisé non relu

LE MORCEAU DE LARD

Conviens-en, Margot : il a son prix, l'art de la cuisinière !

MARGUERITE, comme faisant une concession.

A certains moments, oui, c'est bien possible...

Un temps.

LE MORCEAU DE LARD, à la Pomme de terre.

A toi.

La Pomme de terre fait deux pas en avant, le second un peu raccourci, et se place symétriquement à La Carotte. Entre La Pomme de terre et Marguerite, il y a de la place pour un autre personnage.

LA POMME DE TERRE, au public.

Pour me mettre à la mode, un roi De ma fleur mauve ou blanche orna sa boutonnière.

Blanchisseuse, avocat, marquise, ramoneur,

Avec une ferveur égale

Maintenant chacun se régale De l'humble parmenlière('); et je fais leur bonheur En me renouvelant sous des aspects sans nombre.

Mon pur éclat n'a pas une ombre.

Je donne aux soupes la richesse du velours ;

Je suis exquise et salutaire.

A Marguerite :

Ne crains pas d'abuser de la pomme de terre ! On en redemande toujours.

MARGUERITE

Je ne peux le nier : ces choses M'apparaissent vraiment sous un jour tout nouveau.

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