SUR UN CIMETIERE MILITAIRE EN ALSACE
Il respire la paix, mais qu'il est émouvant, Le calme cimetière où dorment tant des nôtres ! Au-dessus d'eux, serrés les uns contre les autres, Un large drapeau flotte au vent.
Le plus indifférent devient grave, et s'incline Devant les croix marquant la place des héros, Dont chacun a sa part du beau champ de repos Sur la verdoyante colline.
Je n'oserais vous dire heureux, vous, les vaillants, Qu'on a pleures avec une amère souffrance. Et dont le plus grand nombre, en mourant pour la France Ont sacrifié leur printemps.
Et pourtant quelque chose, en moi, vous porte envie, Jeunes hommes fauchés, peut-être, en plein bonheur. Car c'est au saint devoir, à l'éternel honneur Que fut offerte votre vie ;
Car chacun près de vous passe en vous bénissant, Vous tous qui pour le droit vîtes la mort en face, Et vous dormez en paix dans la terre d'Alsace, Qui reçut votre noble sang.