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dire à la suggestion, de certains prêtres libéraux du Sémi. naire de Québec et de l'archevêché,
M. Pelletier combattit le Manifeste du Correspondant, écrivit en faveur de l'infaillibilité pontificale, puis publia une série d'articles contre le libéralisme, Pendant la bagatelle de plus de six mois, les scribes les plus débraillés d'entre les libéraux de Québec se ruèrent contre lui et contre tous les prêtres du Collége de Ste. Anne. Des écrivains de Montréal et d'ailleurs s'unirent à eux pour représenter ces prêtres comme des hommes amis de la discorde, des indissiplinés, des révoltés contre la sainte Eglise de Dieu. L'Archevêché et le Séminaire de Québec se gardèrent bien d'intervenir pour mettre un terme à ces excès. Ils croyaient mieux mériter de la religion en y applaudissant. Ils firent même plus qu’'applaudir car la plupart des écrits, pleins de fiel et de mensonges, dirigés contre M. Pelletier et le Collége de Ste. Anne, sortaient de la plume de prêtres qui étaient des leurs.
Pendant que M. Pelletier était en guerre avec les gallicans et les libéraux qu'il combattait de son mieux, un autre prêtre, M. Joseph Martel, en butte depuis lors à de sérieuses tracasseries, écrivait à propos d'éducation, dans le Courrier du Canada, une suite d'articles fort remarquables. Il s'appliquait à démontrer les vices de notre loi d'éducation, loi qui n'admet pour inspecteurs d'écoles que des laïques nommés par le pouvoir civil, contrairement à ce qu'a enseigné Pie IX, et qui tend fortement à séculariser l’enseignement primaire. Les Messieurs de l’Archevêché de Québec, par amitié personnelle pour les auteurs de cette loi firent cause commune avec les laïques qui ripostaient à M. Martel, et eurent recours à mille moyens pour le décourager et l'empêcher d'écrire. Mais M. Martel ne se décourageait pointéet il écrivait toujours.
En désespoir de cause, voici ce qu’on imagina pour mettre le public sous l'impression que ce vaillant défenseur de la saine doctrine avait soutenu des opinions erronées. On consulta à Rome le professeur De Angelis au sujet de notre loi d'éducation et il donna sa réponse à cette consultation. De
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retour du concile du Vatican, en mai 1870, Mgr. l'archevêque
Baillargeon, pour clore les discussions soulevées par les écrits
de M. Martel, publia dans une circulaire adressée à son clergé qu'il dit être la réponse de De Angels.
Or, la dite réponse avait été tronquée dans les parties les plus importantes. D cette façon, elle devint contraire aux idées émises par \!. l'abbé Martel, tandis que, prise dans son intégrité, elle lui était de tout point favorable. Cene fut que bien plus tard que l’on découvrit cette supercherie. Pour le moment, cette pièce tronquée, que toutes les feuilles libérales s'empressèrent de reproduire, devint le motif de la stricte défense que Mgr. Baillargeon fit à M. Martel de continuer d'écrire dans le sens des articles qu’il avait publiés jusqu'alors
Mgr. Baillargeon ne se borna pas à sévir contre M. Martel. De par l'avis de ses conseillers, il enjoignit à M. Pelletier,
our le punir d'avoir combattu les gallicans et les libéraux
t pour donner satisfaction à ces derniers, de quitter immédiatement le Collége de Ste. Anne, et de prendre un poste de vicaire qu'il lui assigna. L'époque de l’année, le mode du départ et le poste à occuper, tout était arrangé de manière que le publie comprit bien que M. Pelletier était condamné et pani pour avoir écrit. Se regardant, et avec raison, comme injustement traité et flétri, il porta de nouveau ses plaintes à Rome,
Quelques semaines s'étaient à peine écoulées depuis les faits que nous venons de relater, que Mgr. l'archevêque Baillargeon exigea aue tous les prêtres du Collége de Ste. Anne qui partageaient les idées de M. Pelletier et qui étaient membres de la corporation légale et civile de ce collége, lui donnassent par écrit leur démission comme tels. Ces messieurs refusèrent et dirent qu'ils en appelaient à Rome. C'étaient MM. Bruno Leclerc, aujourd’hui vicaire forain dans le diocèse de Chicoutimi, André Pelletier, Prudent Dubé, Charles Bacon, qui occupent actuellement des cures importantes dans le diocèse de Québec, et Achille Vallée, l'an des directeurs du Collége de Lévis, dans le même diocèse. On
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traquait ces messieurs de la sorte, à cause des idées franchement catholiques qu'ils professaient, quoiqu'on invoquât d'autres raisons comme prétexte de la persécution dirigée contre eux. Ces raisons étaient tellement futiles qu’elles s'évanouissaient devant le plus léger examen.
À la réception de la lettre par laquelle les messieurs de Ste. Anne refusaient de donner leur démission et en appelaient au Naint Siége, Mgr. Baillargeon fut fortement contrarié. Il les menaça alors de suspense, et il ajouta qu'il ruinerait et anéantirait même leur maison, s'ils n’exécutaient pas l’ordre qu'il leur avait donné. Les messieurs de Ste. Anne en appelèrent à Rome de la menace de censure, puis s’efforcèrent, dans le cours d’une longue discussion qu'ils eurent à soutenir par lettres avec le vénérable prélat, de l'amener à modifier ses manières de voir et d'agir.
L'affaire était devenue publique. Presque tous les prêtres du diocèse de Québec, réunis pour la retraite ecclésiastique annnelle, insistèrent auprès de Mgr. Baillargeon afin de l'amener à voir qu'il faisait fausse route et qu’il s'aliénait à peu près tous les esprits, surtout son clergé. Ils ajoutèrent que ses conseillers, dont le principal était M. Taschereau, le poussaient à l’abîime. Na Grandeur consentit enfin à se désister de ses prétentions vis-à-vis les messieurs du Collége de Ste. Anne, mais à la condition qu'ils désavoueraient les écrits de M. Pelletier dans la Gazette des Campagnes. Ts le firent pour avoir la paix, mais en y mettant une restriction ? “ Nous désavouons dans ces écrits,” dirent-ils, “ tout ce qui a pu raisonnablement contrister Mer. l'archevéque.”
MGR. TASCHEREAU SUCCEDE A MGR. BAILLARGEON. — REPUDIA- TION DU PROGRAMME CATHOLIQUE PAR MGR. TASCMEREAU.
Mer. Baillargeon mourut en octobre 1870, un mois et demi environ après le règlement des difficultés qu'il avait eues avec les prêtres du Collége de Kte. Anne.
Un an auparavant, plusieurs prêtres du diocèse de Québec
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avaient demandé à Rome, en prévision de cette mort et après un solide exposé de motifs, de ne point nommer au siége archiépiscopal de Québec M. le vicaire-général Taschereau, que l'on savait être l’homme du choix de Mgr. Baillargeon. Ils étaient convaincus, ainsi qu'un très-grand nombre d’autres de la vérité de ce jugement porté sur lui par un personnage éminent : “ Si M. Taschereau devient archevêque “ de Québec, ce sera la plus terrible épreuve que l'Eglise du ‘ Canada ait jamais subie.” Malheureusement, les prêtres du diocèse de Québec, par crainte d'être persécutés s'ils étaient découverts, négligèrent de prendre les formalités que le cardinal Barnabo, préfet de la Propagande, leur avait conseillé de suivre pour avoir un évêque de leur choix, et M. Taschereau devint archevêque de Québec au commencement de l’année 1871.
Un de ses premiers actes fut de bien triste augure et entraîna aussi après lui de fort tristes conséquences,
En vue des prochaines élections politiques qui allaient avoir lieu, des laïques bien disposés rédigèrent un assez court programme qui se résumait à dire que les électeurs ne devaient donner leurs votes qu'aux candidats qui promettraient sincèrement de respecter les lois et les droits de l'Eglise lorsqu'ils agiraient comme députés au parlement, et qui s'engageraient à faire réformer celles de nos lois existantes qui sont en désaccord avec les lois divines et canoniques. Ce programme, dü à la spontanéité des sentiments de laïques dévoués à l'Eglise, reçut le nom de Programme catholique.
NN. SS. les évêques de Montréal et des Trois-Rivières crurent devoir approuver et même louer hautement un si bel acte dans des circulaires adressées à leur clergé. Mgr. Taschereau pensa et agit autrement que ses collègues. Il écrivit à ses prêtres une circulaire de quelques lignes pour leur dire que ce programme, ayant été rédigé tout à fait en dehors de la participation de l’épiscopat canadien, ils devaient se garder de parler en sa faveur. Comme si pour faire le bien il fallait toujours avoir, hic et nunce, une autorisation expresse des évêques de sa province!!!
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