‹ La source du mal de l'époque au Canada [microforme]Chapitre 24 sur 33 · SE TT · texte numérisé non relu

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pas la moindre intelligence Ge ce qu'il avait à faire pour nous sauver des désastres qui nous menacent, et qui ne seront autre qu’une horrible révolution.

Arrivé au Canada, dès le mois de mai, il n’a paru préoccupé que du soin de passer agréablement le temps. Il s’est d'abord promené pendant près de deux mois. Il n'a pas fait l'ombre d'une enquête pour connaître au juste quelles sont les causes qui ont amené la gravité de notre situation ; iln'a même, si toutefois il s'est donné la peine de les lire, tenu aucun compte des nombreux et très-consciencieux documents qui lui ont été soumis, dans le but de l'éclairer. Il à toujours paru dominé par une idée fixe: essayer de rétablir momentanément la paix et l’ordre, en innocentant les libéraux, leurs doctrines et leurs actes. En résumé, il s’est servi de tout ce qu'il a pu, et s’est usé pour convertir à la cause libérale ceux qu'on appelle ici ultramontains, c'est-à-dire qui font profession de défendre et de propager les enseignements du St. Siége.

Il y avait à peine deux mois que Mgr. Conroy était au pays, que tous les hommes éclairés et dévoués à l'Eglise avaient parfaitement saisi quelles étaient les intentions qui le faisaient agir. Tous s’accordaient à dire : “ Ce Délégué ne “s'occupe pas le moins du monde de nous donner une paix # durable qui repose sur l’ordre, c’est-à-dire sur le règne de “la justice et de la vérité. Il ne vise qu’à paraître avoir “réussi, qu'à faire croire à Rome que sa mission a eu de ma- “onifiques résultats, afin d'obtenir quelque haute dignité, “en récompense des prétendus services qu’il aura rendus à “l'Eglise du Canada.”

Tous ont vu avec un profond sentiment de douleur que Mgr. Conroy, sitôt qu’il eut mis le pied sur la terre d'Amérique, à manqué de discrétion, et s’est montré préjugé d’arance contre les défenseurs de la sainte cause de la vérité au Canada. À Halifax, où il verait de débarquer, en arrivant d'Europe, il s’est empressé de se prononcer contre certains écrivains catholiques, dont il ne connaissait que les roms. Leurs œuvres, il ne les connaissait que par la calomnie, et il en a parlé en conséquence.

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Il a sévèrement blâmé tous ceux qui avaient agi et surtout écrit en faveur des doctrines romaines; puis en revanche, il a loué des hommes et des choses qui étaient loin de mériter encouragement.

À quelques jours de là, à Québec et à Montréal, où il ne faisait que passer et que recevoir des souhaits de bienvenue, il a dit, et avec énergie, que si un certain écrivain catholique lui était présenté, il lui refuserait la main. Et cet écrivain est M. Villeneuve, prêtre, qui s’est ruiné, lui et sa famille, pour défendre les brefs de Pie IX, qui avaient trait au libéralisme.

Le fait a été corroboré par Mgr. l’évêque de St. Jean de Terreneuve, qui accompagnait Mer. Conroy.

Les dispositions hostiles du Délégué apostolique, dispositions qu'il a manifestées avec un grand sans gêne et avec une espèce d'ostentation, ont profondément attristé tous les amis du bien car. ce qu'ils attendaient, surtout d'un chargé d’affaires de noine, c'était la prudence, la discrétion, la charité, et l’impartialité qui ne se prononce pas sans avoir pris une véritable connaissance des choses.

On a compris alors, et la chose est aujourd’hui évidente pour tous ceux qui suivent attentivement nos affaires, qu'il y a une vaste conspiration, une conspiration ténébreuse qui a pour but d'anéantir le catholicisme au Canada. Et, afin d'en arriver là, l'on se sert de toutes les ruses imaginables pour tromper Rome sur tout ce qui se passe au Canada. Les choses en sont à ce point que plusieurs personnes, voyant que tout va à rebours et que les réponses reçues de Rome vont directement à l'encontre de ce qu’elles devraient être, supposent que nous avons de hauts personnages agréges à la franc-maçonnerie.

Mon. CONROY A QUEBKC.

En arrivant à Québec, Mgr. Conroy reçut les plaintes d'un avocat libéral, M. E. Flynn, professeur de l'Université Laval, contre Mgr. l'évêque de Rimouski. Cet avocat voulait se

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