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vres. ils se disent catholiques lorsqu'ils se sentent serrés de trop près, ou qu'ils s'aperçoivent que leurs tendances inspirent de graves inquiétudes. Ils n'hésitent pas même, lorsqu'ils se flattent d'atteindre leur but par ce moyen, à signer des professions de foi catholique qu'ils font passer sous les yeux des Congrégations romaines. Ils veulent par là donner à croire à &ome qu'on les calomnie et qu'on les persécute au Canada par pur esprit de parti. Ils ne reculent devant : l'emploi d'aucun moyen quand ils espèrent réussir; mais, comme l’iniquité se ment à elle-même ils se démasquent de temps à autre et font étalage de leurs véritables sentiments. C'est ce qui a lieu chaque fois qu'ils croient avoir assez bien préparé les esprits à recevoir leurs doctrines empoisonnées.
Ils veulent la séparation de l'Eglise et de l'Etat, et même l'omnipotence de l'Etat; ils cherchent à semer partout la défiance envers le clergé, qu'ils représentent comme ayant soif de richesses et de domination ; ils soutienrent que toute loi, lorsqu'elle a été l'expression de la volonté d'une majorité, est juste et obligatoire, fut-elle en contradiction directe avec le droit ecclésiastique ou civil; ils nient à l'Eglise et au Pape le droit d'intervenir dans les questions politiqus, parce que, disent-ils, la religion est tout à fait étrangère à ces questions ; ils reclament la liberté de conscience, la liberté de la presse, et la liberté de tout faire sur le terrain politique ; ils travaillent de toutes leurs forces, tout en paraissant agir de concert avec les évêques, qui ont été faits membres du Conseil de l’Instruction Publique par l’intermédiaire d'hommes bien disposés, à séculariser l'éducation, et ils ont déjà obtenu de beaux succès en ce sens; ils enseignent, d'un autre côté, que les Papes, les évêques et les prêtres ont exercé un empire tyrannique sur les nations et qu'ils les ont tenues pendant des siècles dans l'ignorance et l'abrutissement ; ils disent enfin que le vrai progrès existe surtout à se débarrasser de cette humiliante servitude, vu que nombre de Papes et d'évêques ont été de grands scélé-
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rats, et que Pie IX lui-même a été un Pontife inique. Tels sont, à l'heure présente, les principes de nos libéraux avancés, de ceux qui sont à la tête du parti, et toutes ces abominations, répandues dans plusieurs journaux, se trouvent condensées dans une brochure écrite à Montréal, en 1873, sous le titre de Grande Guerre Ecclésiastique, par M. Dessaulles, l’un de leurs chefs les plus accrédités. Tous l'avaient encouragé et tous l’ont applaudi.
Aujourd'hui même, la Révolution déploie plus d'activité que jamais parmi nous. Nos impies sont en relations trèsintimes avec les radicaux de France. Ils correspondent avec ces derniers, les consultent, se concertent avec eux et s’encouragent mutuellement. La France radicale veut faire le Canada à son image. La chose est secrète jusqu’à un certain point, mais elle a fini par être connue d’un certain nombre de personnes. Il y a plus. Comme il y a parmi nous, à l'heure présente, une assez grande agitation à propos de l’enseignement que donnent les écoles primaires et secondaires, plusieurs de nos laïques influents, que l’on croyait bien disposés envers l'Eglise, se mettent à la remorque des radicaux italiens. C’est, en effet, dans des Revues, publiées par ces derniers, qu'ils puisent leurs idées de réforme, et ils les répandent ensuite partout au moyen de la presse.
Pour avoir où se retremper et aussi pour faire la conquête de jeunes et nombreux adeptes, nos libéraux impies parvinrent, vers 1858, à former la grande iajorité des membres d’une célèbre institution littéraire, fondée à Montréal depuis longues années, et qui portait le nom de l’Institut-Canadien. Devenus maîtres de cet institut, ils encombrèrent ses hibliothèques de livres très-pernicieux. Ils mirent et mettent encore ces livres, de même que les plus mauvais journaux, publiés ici et à l'étranger, surtout en France, à la disposition de tous et des jeunes gens en partieulier. Ils sont nombreux ceux qui vont encore puiser à cette source empoisonnée, mais la plupart ont soin d'y puiser secrêtement, et surtout de déguiser pour un temps leurs véritables sentiments.
Mgr. Bourget, qui a si bien mérité de l'Eglise pendant son
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