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long épiscopat, et qui vit aujourd'hui, retiré des affaires, dans le calme de la méditation et de la prière, avait agi avec une juste sévérité à l'égard des membres de l’Institut Canadien. Ils s’en plaignirent au St. Office, et lui protestèrent de leur parfaite orthodoxie, ainsi que de leur humble et entière soumission à l'Eglise. Le St. Office se laissa prendre à ces protestations mensongères, et il allait adresser un monitum à Mgr. Bourget, lorsque le vénérable prélat, averti à temps, lui remit des pièces venant d'eux-mêmes et qui ne permettaient plus d’avoir de doutes sur leur culpabilité.
Nos libéraux impies, qu'on a aussi appelés rouges, et qui, dans ces derniers temps, se sont donné le nom de réformistes pour se débarrasser de l’odieux qui pesait sur eux, ont enfin essayé à plusieurs reprises de saisir les rênes du gouvernement. Leur but en cela était d’assurer le triomphe de leurs idées et de leur faire prendre corps dans les faits et dans la législation. Ils ont presque toujours été tenus en échec par renx qu'on appelle Conservateurs. Ces derniers, en général, ont été fort bien disposés; maïs, comme ils vivaient dans un milieu tout imprégné de gallicanisme et d'idées fausses, n'ayant pour la plupart, reçu qu’une éducation très-défectueuse, ils n’ont pu se défendre de professer certains principes condamnables. Il y a entre eux et les libéraux cette différence qu'ils ont été de bonne foi.
NOUVELLE CONSTITUTION DONNEE AU CANADA. CONFEDERATION DES PROVINCES EN VUE SURTOUT DE FAVORISER LES CATHOLIQUES DU BAS-CANADA.
Dans nos débats et nos luttes parlementaires, le Bas-Canada
aurait toujours paralysé les efforts du fanatisme protestant et
orangiste du Haut-Canada, si tous nos députés canadiens français se fussent entendus pour défendre nos véritables intérêts. Mais nos libéraux, c’est-à-dire nos rouges, assez nombreux au parlement, ont constamment prêté main-forte à nos ennemis acharnés, comme nous l'avons déjà dit. Les
De
choses en vinrent à un tel point qu'il n’y eut plus moyen pour le Bas-Canada et le Haut-Canada de marcher ensemble sous le système de l’union législative. On résolut alors, pour remédier aux embarras de la situation, de former une Confédération de toutes les provinces de l'Amérique anglaise.
D'après ce changement de constitution, il devait y avoir un parlement, appelé parlement fédéral, qui s’occuperait uniquement de toutes les questions d'un intérêt général, c’est-à-dire des questions qui intéresseraient toute la Confédération, parlement où chaque province, formant partie de la confédération, enverrait des députés en nombre proportionnel à son importance et à sa population. On devait, de plus, créer autant de parlements locaux ou provinciaux qu'il y a de provinces, et c'était dans ces parlements que devaient être traitées et réglées les affaires provinciales, que devaient surtout être défendus et protégés les intérêts religieux de chaque province.
Nos conservateurs catholiques insistèrent particulièrement sur la formation des parlements provinciaux, dans le but spécial de permettre au Bas-Canada ou Province le Québer, où les catholiques sont bien plus nombreux que les protestants, de se gouverner par des lois vraiment catholiques. Sans cette considération il n’y aurait eu nulle part de parlements provinciaux, car toutes les provinces anglaises de l'Amérique du Nord, autres que la province de Québec, étant protestantes dans la grande majorité de leurs habitants, le seul et même parlement fédéral, qu'on appelle aussi parlement de la Puissance, eût sufli pour toutes.
La confédération, telle que nous venons d’en exposer l’idée, fut établie en 1867, au grand désappointement et au grand mécontement de nos rouges, qui comprenaient fort bien que
ce nouveau système d'organisation politique était destiné .
à déjouer les plans de leur impiété. Aussi lui déclarèrentils l'opposition la plus acharnée, tandis que la plupart des protestants, mus par un sentiment d'équité naturelle, s'y montrèrent favorables.
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ner par des lois non catholiques et même anti-chrétiennes, allait avoir un parlement local composé de députés presque tous catholiques, et échapper de cette façon à leur funeste influence. Il y avait là vraiment de quoi les désespérer.