‹ La souris; comédie en trois actesChapitre 30 sur 118 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

voire Souris. Elle est toujours là, on ne peut rien vous dire... Oh ! non, c'est trop : vous l'aimez trop, là, vraiment!

CLOTILDE

Ah! c'est que je suis de la race des sœurs, moi, vous me l'avez dit autrefois..., et puis, je lui dois tant, si vous saviez! Que serais-je devenue sans elle, moi, dans ce milieu tapageur et malsain où mon mariage m'avait jetée, et où vous m'avez connue? car vous en faisiez le plus bel ornement, souvenez-vous en !... Dire que j'ai été une agitée commePépa... Est-ce étrange?Mais,leplus étrange, c'est que, parmi tous ces fous qui m'entouraient, il s'en est trouvé un qui me faisait de la morale! Et c'était vous... Vous! Et de quel air affectueux et triste vous me donniez vos bons conseils... quand vous n'étiez pas furieux... Car vous étiez dur aussi, parfois... Vous rappelezvous ce jour où, à propos de je ne sais plus quelle extravagance, dont je m'étais assez mal tirée, il paraît, vous m'avez dit : « Laissez donc cela aux autres, Glolilde, vous n'êtes bonne qu'à faire une honnête femme, vous!... » Ce que cela m'a vexée!... Mais que c'était bien avons! Vous êtes un honnête homme, vous, mon ami.

MAX

Ne vous moquez donc pas de moi, voyons.

Oh ! non ! C'est autrefois que je m'en moquais... Ah! dame, vous ne prêchiez pas d'exemple, avouez-le, mais j'ai bien réfléchi à tout cela depuis... Je ne l'oublierai jamais!... (euc lui tend la main.) Eh! bien, au plus fort de mes folies, j'avais des moments lucides, je pensais à cette enfant, entre deux valses ;j'allais la voir, entre deux visites... pas souvent, maisentin, assez pour me rattacher

au devoir. Vous n'y auriez peut-être pas suffi, vous tout seul. Et plus tard, quand récroulement s'est fait, quand la maladie m'a séparée de ce malheureux, sans même qu'il me fût permis de lui consacrer mes soins... qu'est-ce que j'aurais fait de moi alors? A quoi me reprendre? A qui me donner? Tout m'était défendu, jusqu'au dévouement... Tout était coupable, jusqu'au rêve... Marthe a pris ma vie, elle a utilisé mon cœur, elle m'a fait voir que, même après tous nos bonheurs perdus, il nous en reste toujours un dernier, celui des autres. Non! non ! croyez-moi, allez, mon ami, c'est à peine assez de l'aimer trop !...

MAX

Mon Dieu! vous ! je ne dis pas, mais moi! C'est vrai, cette enfant, entre nous, toujours! Et ce n'était pas assez d'elle encore, pas assez de votre mère, pas assez de votre curé ! Voilà deux amies à présent...

CLOTILDE

Plaignez-vous donc : deux chapitres de plus à vos victoires et conquêtes !...

MAX

Oh! les conquêtes! les coquettes!... Et Paris et les Parisiennes ! et les femmes du monde qui font les cocottes !... Ah ! Dieu, n'en parlons plus, c'est fini, vous savez bien.

Oh ! votre conversion!... Pas de confiance!

MAX

Mais enfin, pourquoi? Vous avez bien changé, vous!

CLOTILDE

Oh! moi... j'ai souffert!

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