SCÈNE II
Les Mêmes, IIliPA qui entre, son éventail d'une main, son orabi'elle de l'autre.
Ce que j'ai? Oh! non, mais vous êtes superbe, vous, Hermine ! Ah bien, je vous engage à poser pour la femme brisée, à présent! Comment! voilà une heure que nous marchons en plein soleil, sur un tas de choses pointues, et vous me demandez ce que j'ai? Mais, je n'en peux plus! Mais j'étouffe!... Oh! le tour du propriétaire, merci, j'en ai assez!... Grâce! chère madame de Moisand! Grâce pour deux Parisiennes eu visite à cinquante lieues du pavage en bois : j'ai mes botlines dans un état!... (Regardant autour d'elle.) Ticns ! c'est gentil ça! Où sommes-nous donc?
MADAME DE MOISAND.
Dans le chalet de Clotilde justement!
PÉPA
Le chalet!... Arrêtons-nous ici!... (se jetant dans un
fauteuil.) Ouf !
Le fait est qu'il faut bien aimer la comtesse peur venir, la voir...
PÉPA
Par cette canicule, ah! -e vous en réponds...
HERMINE
Et souffrante comme je suis... J'ai quitté mon lit...
PÉPA
Une poussière! une chaleur! Oh! je ne peux pas sentir la campagne, moi, d'abord !
HERMINE
Oh ! Pépa! moi qui voudrais tant y vivre !
Vous! Allons donc !
HERMINE
Mais je vous jure !...
Allons donc! Vous pas plus que moi! La campagne! Ah bien!... c'est trop loin du Bon-Marché... Oh! el puis, non ! trop de soleil pour le teint, trop de vent pour les cheveux, trop de cailloux pour les pieds, trop de crotte pour les robes!
HERMINE
Mais quand le temps est beau, ma chère...
PÉPA
Eh bien, quand le temps est beau, ma chère, c'est de la crotte p('clie, quand il est vilain, c'est de la crotte mouillée, mais c'est toujours de la crotte! Et (ju'est-ce (|ue la comtesse peut bien faire dans ce Sahara, mon Dieu ?... Ah! cette Clotilde! pas changée alors? tonjours en train! toujours en l'iiir ! J'aime ça, moi!... Où est-elle encore? Avec tout son monde? en pique-nique? en partie?...