‹ La souris; comédie en trois actesChapitre 77 sur 118 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

ciliés tous les deux... Est-ce que vous n'en êtes pas heureuse aussi, vous, chère Marthe ?

MARTHE, avec un petit cri de surprise heureuse.

Ah!

MAX

Quoi donc ?

MARTHE

C'est la première fois que vous m'appelez comme cela!

MAX

Cela vous fâche?

MARTHE

Oh! non! (a part, tendrement.) Chère Marthe! (Haut.) Mais comme vous êtes bon, monsieur Max ! C'est donc vrai alors ce que me disait toujours Clolilde, que vous aviez un peu d'affection pour moi, au fond?

MAX

Cette bonne Clotilde!... Un peu? Mais beaucoup!

MARTHE, souriant.

Bien au fond, alors. Si ! si ! vous me détestiez, ne me dites pas non; il y avait des moments où vous me délestiez... Je le sentais bien, allez, et cela me faisait tant de peine ! Mais ce qui me faisait le plus de peine, c'est que je le méritais et que je comprenais pourquoi et que je ne pouvais pas l'empêcher... J'étais si gauche, si effrayée, si timide, et comme c'est affreux, si vous saviez ! Quand on est timide, voyez-vous, on est comme enfermée en soi, et tout ce que l'on fait pour en sortir vous y enferme davantage; on pâlit pour rien, on rougit pour tout; si l'on parle, votre voix vous effraie, si l'on se tait, votre si-

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lence vous fait peur... Et l'on se dépite, et l'on se désole, et l'on se dit: « Mon Dieu, quel malheur! Il ne me connaît j>as, il ne me connaîtra jamais, il me trouve nulle, insignifiante, stupide, et c'est ma laule, c'est lui qui a raison, c'est lui!... » (se reprenant.) Lui ou elle, selon la personne.

Mais si l'on est timide, vous l'avez dit, c'est qu'on ne se sent pas aimée. Et que c'est cruel, n'est-ce pas ?

Oh! oui! c'est cruel! Mais comment le savez-vous, monsieur Max ?... vous qni avez toujours été aimé?...

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