ACTE DEUXIÈME
Rien, (a pan.) Comme c'est simple quand c'est vrai, et comme c'est délicieux! (Haut.) Alors, madame de Sagancey?...
MARTHE
Oh! je la trouve si séduisante!... Elle dit des choses... et d'une voi.x si douce... Oh! que j'aurais voulu parler comme elle!... Vous allez rire, monsieur Max, mais quelquefois, quand j'étais seule, dans ma chambre, je m'essayais devant ma glace à marcher, à m'asseoir, à parler comme elle... Oh! j'aurais tant voulu! Mais je ne pouvais pas... Ce n'était jamais cela... Et puis, elle est si jolie, elle a le teint si rose, les lèvres si rouges, les yeux si longs... L'autre aussi d'ailleurs... Je ne sais pas comment elles font, ces dames...
Je le sais moi, chère enfant ; mais cette fraîcheur de vie qui est en vous n'a rieu à leur envier, croyez-moi... Et Pépa?
MARTHE
Oh ! mademoiselle Pépa, c'est différent, je ne peux pas la sentir!... Elle est jolie aussi, mais je ne voudrais pas lui ressemblera elle, par exemple... Elle est si hardie, effrontée même, et puis toujours avec vous, penchée sur vous... attachée à vous... Oh ! je ne l'aime pas du tout... mais pas du tout!
MAX
C'est d'elle que vous êtes jalouse, je le vois.
MARTHE
De Pépa?
MAX
Ah! Elle n'est pas mariée, elle
MARTHE, sori-cant.
Non... c'est vrai... Mais jalouse d'elle?... Pourquoi?
(a Max, prise d'une idée.) Ah ! VOUS l'aimeZ doilC ? MAX, se levant, encliantc .
Marthe !
Madame de Moisand et Clotilde se font entendre et paraisseu dans le fo.id. — Le jour a beaucoup baissé.
MARTHE, se levant aussi, effrayée.
Quelqu'un! Sauvons-nous!
Elle se sauve par la droite.
MAX, ravi, se sauvant par la gauche.
Sauvons-nous!... J'ai vin^t ans!... C'est charmant!