‹ La souveraine; comédie en trois actesChapitre 1 sur 22 · PERSONNAGES · texte numérisé non relu

PERSONNAGES

OLIVIER MM. MoNDos.

MÉRYAC Renoux.

HEURTOUX, père de René» Narball.

DARCHI, père d'Olivier ... H. Genin.

ANDRÉ Hébert.

RENÉE M^es Anne-Ratcliff.

BLANCHE, sœur d'Olivier . Gauthier.

KLARY Reine Roy.

M^^ HEURTOUX .... Bade.

Une servante Novaret.

Un Mot

Je crois qu'une pièce bien faite n'a pas besoin de préface, qu'elle doit suffire à exprimer complètement la pensée de l'auteur.

Aussi n'ai-je point l'intention de commenter ici la Souveraine : ou bien Tidée s'en dégage nettement, et le commentaire est superflu, ou bien elle reste confuse et alors la pièce ne vaut pas la préface.

Mais je veux pourtant m'expliquer sur un point, parce que je serais désolé qu'une équivoque, créée peut-être par ceux à qui cette pièce a déplu, pût subsister. Certains ont voulu voir dans le personnage d'Olivier une satire de l'artiste, de l'artiste sincère. Cela est absurde. Celui qui écrit

en Belgique, celui qui écrit pour le théâtre surtout, où il n'a rien à espérer, en dehors de la satisfaction d'avoir créé, et de péniblement mériter, lorsqu'il a la chance de trouver un directeur désintéressé comme M. Munie et des artistes dévoués comme ceux du théâtre Molière, l'estime d'un public restreint de lettrés, celui-là évidemment a l'ambition de faire lui-même œuvre d'artiste, et ne songe pas à railler ses pairs que brûle la même passion.

Mais s'il a le profond respect de l'artiste qui œuvre sans cabotinage, il souffre et s'irrite du tapage encombrant de certains faux esthètes, de ces personnages ridicules qui croient suffisant pour mériter ce fier nom d'artiste, d'être abonné aux concerts à la mode, d'avoir chez soi quelques bibelots, et de discourir pédantesquement sur quelque poète obscur ou sur un peintre gothique oublié. Il sait combien dangereuse, combien malfaisante est cette espèce de stériles dédaigneux de tout ce qui est la fécondité et le travail. Il sait que le

public, devant lequel ils parlent haut n'ayant rien d'autre à faire, les entend et se laisse souvent intimider et influencer par eux au détriment de l'Art consciencieux et digne.

Lorsqu'on montre au public les ridicules de ces gens-là, et leur impuissance, on ne nuit pas aux vrais artistes. On les sert, on les défend contre leurs pires ennemis.

C'est ce que j'ai voulu faire incidemment dans cette pièce, incidemment car mon eflbrt a tendu à donner autre chose et mieux que de la raillerie. Et c'est sur l'incident que j'ai voulu m'expliquer brièvement, sans vouloir rien ajouter à la pièce elle-même qui doit, bonne ou mauvaise, se défendre toute seule.

G. Vanzype.

29 mars 1899.

Premier Acte

Un salon cabinet de travail. — Au fond une grande baie aux lourds rideaux à moitié fermés. — Une porte à droite, une porte à gauche. — A droite un piano ; de petits meubles de bois teinté, dans la note des intérieurs anglais. — Aux murs quelques toiles, des copies de gothiques et des estampes. — Le tout très étrange, avec une évidente recherche d'originalité.

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