‹ La souveraine; comédie en trois actesChapitre 10 sur 22 · SCÈNE IV LES MÊMES, DARCHI DARCHI, entrant · texte numérisé non relu

SCÈNE IV LES MÊMES, DARCHI DARCHI, entrant

Tiens, mademoiselle Liban. Comment allezvous?

KLARY Je vis, donc je vais mal.

DARCHI Ce n'est pas gentil pour nous, ce que vous dites là. Vous parliez art avec mon fils?

OLIVIER Oui. . . Mais comme tu reviens tôt. C'est fini, le concert ?

DARCHI

Non, ce n'est pas fini. Je suis parti indigné. Figuretoi, les misérables!,.. Non, mais je te le donne en mille !. . . Ils ont joué du Gounod! J'ai préféré

m'en aller.

KLARY Vous aimez le concert? Moi, je n'y vais plus. Je ne comprends que l'improvisation, la musique pour moi seule. Entendre de la musique avec d'autres, c'est horrible !

DARCHI Vous voilà bien sévère. Au moins, nous ne sommes pas les autres, nous ; nous ne vous inspirons pas j'espère, le même dédain.

OLIVIER Je trouve qu'elle a raison.

DARCHI Oh! moi aussi, moi aussi. Il est évident que les raffinés, comme nous souffrent du contact des impressions vulgaires. Je suis furieux d'être allé à ce concert ; (à Klary) d'autant plus furieux que j'ai perdu l'occasion d'être plus longtemps avec vous. On est si heureux de rencontrer une femme comme vous, d'intelligence indépendante. Ah ! ce n'est pas vous qui avez des préjugés, ce n'est pas vous qui faites de la romance. Vous êtes étrange, piquante, déroutante, vous êtes de votre époque. Vous êtes presque de demain.

OLIVIER Vous voyez, il est amoureux de vous, papa.

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