LIVRE IL LA LIfeERTÉ DE CONSCIENCE
La liberté individuelle et la souveraineté universelle doivent être définies.
Le souverain a le devoir de défendre et de maintenir la liberté dans les limites tracées par l'autorité; ce devoir l'investit du droit de justice. Nous nous bornerons à répéter ici que la liberté individuelle n'étant plus limitée que par la liberté d'autrui, ce droit de justice est le droit d'assurer la liberté de tous et de chacun. Rien déplus, rien de moins.
Le souverain possède encore le droit de créer le pouvoir et de l'investir de ses attributs.
Ainsi le souverain aie devoir de rendre la justice et le droit de constituer le pouvoir.
La souveraineté universelle se manifeste donc par :
Le jury universel , le suffrage universel.
Enlever des accusés <au jury, c'est porter à la souveraineté de tous la même atteinte que d'enlever des suffrages à l'urne électorale.
Je dois encore montrer combien l'esprit de la révolution est contraire à la création de tribunaux exceptionnels, et combien il est inique et absurde de justifier, par la souveraineté du suffrage universel, des anomalies qui ne sont que la négation même de cette souveraineté. Car il ne faut pas permettre que l'idée souffre ainsi de l'ignorance de ses prétendus défenseurs. A chacun sa part : à l'idée le progrès, aux hommes les fautes; et c'en est une étrange que de se couper la main droite avec la main gauche. 0 niaise école qui te disais républicaine et ne savais pas même ce qu'était la répu-
blique! École insolente, ignorante et peu travailleuse! Esclave du fait, parfois révoltée, mais toujours prête à reprendre ta chaîne ! Fonctionomahe , amoureuse du pouvoir, contemptrice de l'idée! École vantarde, creuse et sonore, que nous te connaissions bien ! Que nous avions bien jugé de ton avenir! Tu nous as calomnié, puis tu nous as vaincu; cela paraît juste : nous espérions, peut-être trop de choses, et tu devais servir de pendant à ceux qui se vantent de n'avoir rien oublié, toi qui peux te vanter de n'avoir rien appris. Usez-vous les uns et les autres, usez-vous! Faites ainsi place nette et balayez le chemin de l'avenir! C'est un service, et le plus grand et le seul que vous lui puissiez rendre.
Quant à la liberté individuelle, c'est la liberté du moi, de l'homme enfin; savoir : liberté de la sensation, du sentiment, et de la connaissance; ou liberté de jouir, d'aimer, de savoir, c'est-à-dire, liberté d'enseigner et d'apprendre, liberté de se lier et de se délier, liberté de produire et de consommer. Ce qui s'exprime socialement ainsi : liberté de discussion, liberté d'association, liberté de possession.
Ces libertés sont absolues en elles-mêmes, cependant il est évident qu'elles sont limitées par les libertés d'autrui. La liberté d'association se limite ainsi par la nécessité du consentement mutuel.
Les libertés de discussion et de possession, c'est-àdire d'enseignement et de propriété, sont surtout limitées par le droit de l'enfant et le droit de la société. Il nous suffira de remarquer ici que le droit de propriété