LIVRE I". SITUATION RELIGIEUSE
pratiques n ont pas même eu l'intelligence de comprendre que, pour réussir dans leur entreprise , il fallait enfermer les peuples dans les rites. Ignorance de leur propre doctrine, mépris de la science, impuissance et faiblesse, voilà le génie, voilà la force et l'habileté de ces prétendus politiques. On s'étonne qu'ils soient sitôt tombés. Ils ne savaient rien, ils ne pouvaient rien , et ne servaient à rien. Ils étaient des Chinois, mais des Chinois sans logique et sans génie. Les vrais Chinois ont du reste tellement compris qu'ils étaient en dehors de l'humanité, qu'ils se sont séparés d'elle. Les Anglais, qui sont doués d'une grande force et de peu de pitié, aûn de remplir leur mission de balayer la terre et de la nettoyer de toutes les vermines, sont dans ce moment occupés à les empoisonner. En même temps qu'ils tracassent les magots, qui font quarantaine à l'autre bout du monde, ils devraient bien nous débarrasser de ceux qui menacent de nous empester.
Si l'on accepte la loi naturelle, rien de mieux ; mais cela va loin, j'en préviens, et ne veux pas tricher au jeu ; cela mène tout droit au socialisme et au panthéisme. Si l'on veut une morale écrite, une morale d'État, il faut un dogme d'État. Hors de ces principes, tout n'est que désordre et confusion ou bien immobilité. Dissolvez-vous ou embaumez-vous, cadavre ou momie, cela importe peu ; j'aime encore mieux le cadavre, il sert de fumier ; mais si la momie garde la forme et l'apparence de l'être, elle ne peut servir à rien.