POURPARLERS RELATIFS AUX AFFAIRES RELIGIEUSES, EN
Le Ministre des affaires étrangères d'Italie a exposé ainsi qu'il suit (séance du 30 novembre 1862) une tentative de négociations au sujet des affaires religieuses, qui eut lieu à Rome dans les premiers jours de 1861 :
« Le comte de Gavour, après l'occupation des Marches, qui fut accomplie au mois de septembre 1860, crut que la Cour de Rome serait disposée à accepter des négociations sur les bases d'une cession des droits exercés par le pouvoir civil dans les affaires spirituelles, en échange des droits temporels du Saint-Siège.
«Le comte de Cavour choisit deux personnes trèshonorables résidant à Rome, et les chargea de tenter, par voie officieuse, des ouverlures (l'accommodement.
« Les préliminaires eurent lieu en novembre.
<« Il y eut un moment, — commencement de janvier; — où le Saint-Père parut enclin à ne pas les rejeter. Toutefois le Cardinal secrétaire d'Étal se montrait peu disposé à les examiner. Le Saint-Père insista, et le cardinal se résolut à s'occuper de cette grave affaire.
« Je crois devoir indiquer à la Chambre le développement de ces tentatives de négociations, afin qu'elle puisse mieux juger si nous pouvons de nouveau nous engager dans celte voie.
« Voici une dépêche écrite entièrement de la main du comte de Cavour, le 13 janvier 1860. Elle appartient à l'histoire.
t N. N. mande que le Pape ayant demande au Cardinal un projet d'arrangement f celui-ci, malgré la défense de N. N., a cru devoir lui communiquer nos idées. Sa Saintetè ne les a pas repoussées; elle a fait appeler le Cardinal..., qui, après s'être opposé, a fini par se résigner à examiner la question sous le point de vue de la cession du temporel.
« Ils auront, le vendredi 18, une conférence avec le Père..., portez ceci immédiatement à la connaissance de l'Empereur. Nous ne voulons pas nous engager plus avant si cela devait absolument contrarier ses vues. »
« Cette dépêche était adressée à Paris, où le comte de Cavour avait un agent officieux pendant l'interruption des relations officielles.
« Le Minisire s'était persuadé que ces lentatives produiraient quelques résultais; mais il ne voulait pas aller plus avant sans en donner communication à l'Empereur, envers qui, malgré la rupture diplomatique, le souvenir des
immenses services rendus nous imposait une entière déférence.
« L'Empereur fit répondre le jour môme au comte de Cavour :
« L'Empereur répond qu'il verra avec plaisir q:ie l'on poursuive les négociations avec Home; qu'il souhaite le succès, mais qu'il espère peu. »
« En effet, les conférences auxquelles fait allusion le télégramme n'eurent pas lieu. Le Cardinal, qui avait accepté d'examiner le projet, ne voulut plus en entendre parler. »