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du système (c'est-à-dire l’or) qui est devenne trop exigué, la banque qui représente cetté nation plus prospère. attire, par l'instrument de l’escompte, les réserves des autres pays. Si celles-ci ne dépassent pas Ja limite qui assure une protection suffisante des crédits, les banques qui représentent ces pays résisteront en élevant également le taux de leur escompte. Si les affaires de tous les pays ont grandi par poussées rapides, la lutte commence par une élévation du taux de l’escompte dans chaque pays, chacun cherchant à empêcher que sa base soit entamée et ensuite à l’étendre si possible.
L'importance d’un tel mécanisme ne peut échapper, surtout dans les manifestations économiques dont nous avons déjà signalé les parallélismes : quand le taux de la banque est modéré, les fonds montent et quand il est élevé, les fonds baissent. Et le rapport est le même entre le cours des valeurs et le taux du marché, c'est-à-dire le taux auquel on peut emprunter sur des valeurs de bourse. En effet pendant une période d'argent à bon marché, les prêts de bourse augmentent parce que le publie achète des valeurs et emprunte sur elles pour obtenir la différence entre le rendement et le prix payé pour l'emprunt. Si les cours baissent lorsque l'argent renchérit par suite de l'élévation du taux de la banque, renchérissement destiné à protéger la réserve, c'est qu'il y a connexion entre la réserve de la banque et les cours, et qu’une ré-
serve faible amène des cours faibles, et inversement.
Ainsi donc en temps de crise, l'argent cher agit rapidement, et les prix sont ramenés à leur niveau antérieur avant qu'il se soit produit un réajustement général à un
nouveau niveau. Par conséquent un taux bancaire élevé et une forte restriction du crédit sont les freins les plus efficaces aux entraînements de la spéculation, mais il ne faut pas oublier d’une part que ce seront tout aussi certainement des obstacles aux affaires légitimes et d'autre part qu'ils constituent un remède temporaire appliqué à un mal particulier de nature temporaire.
Autrement dit, si l'inflation était toujours due à un défaut d'équilibre entre la production industrielle et les, disponibilités monétaires réelles, son traitement serait simple. Mais aujourd’hui on se trouve en présence d’une inflation qui n’est pas due à un excès de commerce où à une spéculation exagérée. Elle n’est pas par conséquent de naiure temporaire et une restriction rigide des crédits loin de constituer un moyen efficace pour rétablir la santé commerciale, ne ferait qu'aggraver le mal.
On sait que cette inflation monétaire qui sévit dans presque tous les anciens pays belligérants est due en somme aux avances considérables que les banques sous forme d'émission de billets ont dû faire aux Etats et qui avaient comme contre-partie des richesses, mais des richesses destinées à l'alimentation de la guerre, donc à la destruction.
De ce côté-là, la guerre n'apparait que comme un déséquilibre croissant entre les moyens monétaires et les valeurs réelles qui y correspondent. En temps normal, la valeur des billets de banque est garantie par le stock métallique et la valeur du portefeuille commercial de la banque, sans compter l'actif même de celle-ci se présentant sous la forme de réserves ou d'immeubles. Ces con-
ditions faisaient du billet une sorte de chèque transmis-
sible et payable à vue, offert au public à l'occasion de la création d'escompte, donc au lancement de marchandises transformables en or n'importe quand. Sor aspect fiduciaire et conventionnel n'était que de surface : il y avait un système de réalités d’une grande souplesse ayant l'or pour base et le volume des billets présentait une courbe parallèle à celui des affaires.
La guerre au contraire a vu naître une masse de moyens monétaires destinée uniquement à fournir du crédit à l'Etat qui ne suffisait pas à ses charges avec l'impôt,et l'émission n’a plus trouvé devant elle aucune limite. « Aujourd'hui la Banque est la seule régulatrice d'une circulation monétaire dont la production des mines et le solde créditeur du commerce international fixaient autrefois les bases. C’est la grande différence qui sépare son rôle actuel de son rôle ancien et c’est une différence capitale. (1) »
La guerre du fait des gros achats des belligérants chez les neutres a eu pour conséquence d'une part le transfert de l'or de ceux-là chez ceux-ci, d'autre part la concentration de l'or en circulation dans les banques et les trésoreries qui ont effectué les règlements internationaux. C'est ainsi que les versements d’or à la banque de France ont atteint 2 milliards et demi pendant la guerre. Les mines d'or ont fourni un appoint graduellement décroissant de 2438 millions de francs or en 1915, à 1750 mil-
lions en 1921. De la masse d'or produite depuis la décou-
(1) « Les Banques d'émission d'après guerre » Conférence de Ch. Rist reproduite en article dars « la Revue d'économie poli- . tique » de mars-avril 1921. Page 201.
AR
verte de l'Amérique, près des 2/3 doit exister actuellement sous forme de monnaie, concentrée surtout dans les banques.
D'après les statistiques de la «NaTionaL Crry BANK DE New-York, alors que la masse d’or n’a grossi que de 16 milliardsenviron de 1914 à 1921,la circulation fiduciaire, non compris celle de la Russie, a augmenté de 40 milliards à 200 milliardsà l'armistice et 300 milliards en 1922. Le total des dettes nationales, en convertissant toutes les monnaies aux parités d'avant guerre s'est accru d'après ces statistiques de 43.362 millions de dollarsen 19i3 à 205.396 millions en 1918, à 295.070 millions en 1919, et 382,635 millions en 1920.
Les réserves visibles d’or, en millions de francs, dans les banques et les trésoreries se composant ainsi de 1913 à 1921:
Février 1923 Début 1922
Royaume-Uni........... 875 3.957 MAD OR en tee eus 3.607 3.575 TA RU nine assis 1.492 1.050 ue Fri EEE 259 266 He rec dons 4.043
10.166 8.848 Pate Unis, 00 .hex 3.982 15.500 ADO recense 335 1.094 Indes et Canada......... 1.274 1.036
Suède, RUE E M 143 386 "Not 59 206 Dane re Lee 111 314
HOLANAS UE TIM sde 318 12274
SUISRE Set Le 2e best 170 545
Espagne.,.:..:..,:.:. 479 2.509
Argentine. 4; .4 +73 1 208 1.165 PS4 3 |
À ÉTÉ MN EE ARE TRMA RE à 51 467
Allemagne........44.204 1.462 1.242
Autriche-Hongrie........ 1.303 75
Totaux. Le A NOUS 35.231
Ainsi des pays ont augmenté considérablement leur réserve d’or, ce sont les Etats-Unis, l'Angleterre, l'Espagne, et Java ; d'autres l'ont augmentée plus modérémert, tel est le cas de la Hollande, du Japon, de la Suisse, de l'Argentine, de la Suède, de la Norvège et du Danemark.
Certainsont maintenu leurs positions,soit avec un léger accroissement comme la France et la Belgique, soit avec une légère diminution comme l'Italie, l'Allemagne,les Indes et le Canada. Doivent être mises de côté la Russie et l’'Autriche-Hongrie.
En face de ce mouvement de la réserve d'or, la circulation, en millions de francs, des billets de banque et d’état dans les différents pays fut la suivante au commence-
ment età la fin dela guerre :
LCR |
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Te pe
L 31 Juillet 1914 31 Décembre 1918 Angleterre...... AGE 746,9 8.080,0
ENS ES AT NAT 2.764,83 13.874,4 Plats Unis..." 16.950,0 47.141,0 France. messes 6.688,1 31.055,0 Allemagne 0.11 A17a0 36.753,8 Autriche-Hongrie.. 2.336,3 36.488,8 ART ER tt RAS ÆYOTI,2 50 897,6
Si intéressants que soient ces chiffres, leur signification se trouve limitée par 2 considérations : D'une part, à côté de la masse en circulation, il faudrait faire intervenir l'intensité de la circulation, ou, sil’on veut, la vitesse de roulement de cette masse or c'est là un phénomène difficilement saisissable et dont on ne peut se faire qu'une idée approximative, grâce, par exemple, aux réglements opérés par les chambres de compensation.
C'est ainsi qu'on peut affirmer que l'intensité de la circulation aux Etats-Unis a fait preuve d’un accroissement
extraordinaire lorsqu'on examine le total des réglements