‹ La Spirillose IntestinaleChapitre 15 sur 16 · RAD · texte numérisé non relu

RAD

Le malade continuant à se plaindre de son asthénie on lui fait une série de piqûres de cacodylate de soude et de strychnine, qu’on doit interrompre à cause de phénomènes d’intolérance.

Le malade vient consulter à ce moment. En raison des

troubles vagues qu’il présente, du fait qu’il a appartenu aux troupes de l’armée d'Orient, on pratique un examen des fèces, celui-ci révèle : quelques fibres musculaires, des cellules végétales nombreuses, des spirilles abondants, associés à de nombreux vibrions.

L'examen du sang ne montre rien de pathologique en particulier, pas d’éosinophilie. | Le 14 Février 1920. On prescrit au malade de prendre 3 compri-

més par jour de Novarsénobenzol en comprimés.

Le 3 Mars. Le malade n'ayant pas interrompu son traitementsignale une diminution de l’asthénie, une reprise des forces et du poids. On cesse le traitement. Le malade est perdu de vue pendant 2 mois.

Le 14 Mai. L. se plaint de nouveau des mêmes malaises. Un nouvel examen des fèces montre la réapparition des spirilles.

Conclusion. De cette observation on peut conclure que L. aHen à la fois de spirillose intestinale et de paludisme probable a été au début soigné empiriquement, une série de purgations éliminant des spirilles a amené une amélioration passagère.

La nature vraie de l'affection étant reconnue, le traitement par le Narsénol par voie buccale améliore rapidement le malade, mais la guérison ne se maintient pas.

Cette observation tend à prouver que la thérapeutique par le Novarsénobenzol est en quelque sorte spécifique et ne relève pas uniquement de la médication arsenicale simple, puisque L. n’a pas été amélioré par le cacodylate de soude. À

Observation. R. S. 13 ans. (communiquée par le Dr Delion)

Parmi les antécédents collatéraux du malade, on note : chez sa mère un sommet suspect, une sœur ainée bien portante, une autre sœur plus jeune, opérée d’appendicite.

Quant à ses antécédents personnels ils montrent un enfant élevé au biberon, ayant eu une rougeole, des oreillons, et vers l’âge de 7 ans une crise de rhumatisme articulaire aigu précédée d'une angine et ayant laissé à sa suite une insuffisance mitrale,

En 1914, R.S. a eu un embarras gastrique fébrile ayant fait suspecter une affection dothienentiérique, mais le sérodiagnostic et l’hémoculture sont restés négatifs.

Cet enfant a toujours eu un tube digestif en mauvais état, présentant des alternatives de diarrhée et de constipation, du ballonnement abdominal, du tympanisme post prandial, souvent des nausées, parfois des vomissements.

Depuis le mois de Juillet 1919 l'enfant s’est mis à avoir des troubles digestifs plus intenses, se traduisant par les mêmes phénomènes présentant un caractère d’acuité plus accentuée.

En même temps l’état général est peu satisfaisant, le teint pâle, les yeux excavés, les traits tirés. Au cours de l’évolution de l’affection le petit malade présente de temps en temps des accès plus marqués, avec état subfébrile durant de 4 à 8 jours, il accuse une asthénie notable, un appétit nul, et se plaint d’avoir le sommeil mauvais. L’examen clinique plusieurs fois répété montre une lan-

gue saburrale, une haleine fétide. La palpation abdominale met en évidence du gargouillement dans les deux fosses iliaques prédo-

minant surtout à droite et s’accompagnant de dilatation cœcale.

L’estomac est dilaté. L’angle colique gauche et la région épigastrique sont douloureux. Foie et rate, normaux. Appareil respiratoire, rien. Appareil circulatoire, souffle apexien systolique d'insuffisance mitrale. Rien dans les urines.

L’examen microscopique des fèces pratiqué le 15 Mars 1920 :

montre une spirillose intense, sans aucune autre parasitose associée.

Le ES

L'examen du sang a été négatif.

En raison des phénomènes morbides observés, -troubles qu’ on pouvait dès lors attribuer à à une spirillose intestinale, le malade est soumis au traitement.

Il prend pendant trois semaines consécutives 3 comprimés de Novarsénobenzol enrobé; après une interruption de cinq jours, nouvelle série de comprimés, L’enfant a ainsi fait 2 séries complètes de traitement. Il n’a pas été revu, mais, au dire des parents, tous les accidents qu’il présentait depuis plusieurs mois ont complètement rétrocédé, l’état général est très bon et l’enfant a pris du poids.

S'il manque à cette observation la preuve bactériologique de la guérison, on est’admis par comparaison avec l'enseignement que l’on a pu tirer des autres observations, à croire à la spécificité de la thérapeutique.

Obsérvation. Et / Le 10 Janvier 1920, L’interrogatoire de la malade apprend

que depuis plusieurs années elle présente des troubles marqués des fonctions digestives : troubles caractérisés par une constipation opiniâtre interrompue à des intervalles de 15 à 20 jours par des crises de diarrhée muqueuse, non sanglante, s’accompagnant de coliques et d’un peu de fièvre, Dans les antécédents de la malade on ne note rien de particulier, elle n’a jamais quitté la France, mais elle a fait des-séjours fréquents dans la région de Bordeaux. La malade rapporte le début des accidents à l’un de ces séjours. L’examen microscopique des fèces montre unespirillose abondante. On prescrit un régime alimentaire on fait prendre 3 comprimés de Novarsénobenzol par jour pendant trois jours. Une série de cures, séparées par des intervalles . égaux. En Mars, après une période d’amélioration très nette, L... manquant de médicament, voit les troubles intestinaux reparaître. Ils disparaissent rapidement après une cure de Narsénol.

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On ne retrouve plus de spirilles dans les matières. Depuis, la malade va bien, et la. guérison semble obtenue.

Cette observation montre la nécessité de ne pas abandonner trop tôt le traitement, et l’intérêt qu’il y a à le poursuivre pendant un temps assez long, même après. une guérison cliniquement obtenue.

Observation. F... 63 ans.

Malade ayant fait depuis 20 ans des séjours nombreux et prolongés en Indo-Chine. II n’a jamais présenté aucune manifestation de dysenterie amibienne ou de paludisme.

Le 20 Juillet 1918. Depuis quelques mois, à la suite d’un dernier séjour en Indo-Chine, les troubles digestifs se sont accentués. Parfois sans cause appréciable, plus souvent après un écart de régime, la crise survient. Caractérisé par de l’anorexie, une langue sale, du météorisme abdominal, des coliques accompagnées d'une diarrhée avec selles glaireuses, jamais sanglantes. Pendant les crises la température oscille entre 38 et 38.5. Dans l’intervalle des crises le malade est constipé, il a toujours un peu de ballonnement. L'appétit est très capricieux, normal par période, il est très diminué à d’autres. #

Cet ensemble de troubles retentit sur l'état général, le malade est pâle, se plaint d’une asthénie physique et intellectuelle très accentuée. [1 éprouve un malaise général difficile à caractériser. Le malade dit avoir maigri, son poids actuel est de 78 kilogr., en Octobre 1919 il ne pèsera plus que 70 kilogr. L'examen du tube digestif montre une langue ordinairement sale ; l'abdomen est bal lonné, la palpation et surtout la pression réveille une sensation pénible, surtout douloureuse au niveau du côlon. Le cœcum est très volumineux. Le foie est augmenté de volume, surtout au moment des crises où il déborde de 3 à 4 travers de doigts.

Rate, normale.

Abe

Les autres appareils normaux.

L'examen des urines ne montre ni sucre, ni albumine, mais

un peu d’indol.

En raison des circonstances, l’examen des matières ne peut être pratiqué à ce moment là, la thérapeutique symptômatique demeure inefficace.

Le 5 Août 1919, on fait un examen des fèces, on trouve des fibres musculaires intactes ayant gardé leur striation transversale il n’y a ni amidon, ni graisse. =

- La flore intestinale étudiée après coloration au Gram montre des éléments Gram positifs tels que des entérocoques et des per-

fringens, des éléments Gram négatifs tels que des coli.

A côté d’abondants spirilles fins et allongés à tours de spires nombreux et rapprochés, on trouve quelques vibrions. On soumet alors le malade au traitement spécifique : tous

les mois deux cures de 3 jours pendant lesquelles il prend 4 com-

primés de 0 gr. 10 d’Arsénobenzol enrobé.

Amélioration très rapide des troubles intestinaux, malgré un

retour au régime ordinaire et malgré quelques écarts, il n’a plus

présenté de nouvelles crises. On note en même temps une eoston très marquée de

l'état général, note a disparu et le malade reprend de l’em-

bonpoint.

Le 2 Novembre 1919. On pratique un nouvel examen des

| selles, on ne trouve aucun spirille. Le malade est très satisfait de

son état général et tous les troubles intestinaux ont disparu. Le 10 Novembre. Le malade est revu, il va très bien. Le 20 Janvier 1920. L'état général est toujours satisfaisant.

+ F.. pèse 78 kg. 800 ayant donc augmenté de 5 kg. 800 eue le

£- = à 4 RES ER Has tt

mois d'Octobre dernier.

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Cette observation nous montre un malade souffrant depuis deux ans de troubles mal caractérisés, rebelles à toute thérapeutique. On trouve des spirilles abondants dans ses matières, on le soumet au traitement par le Novarsénobenzol par voie buccale.

Rapidement la guérison est obtenue, et se maintient.

Vu ë F VU ET APPROUVÉ :

Le Doyen, ; Le Président de Thèse, RoGER. LETULLE.

Vu ET PERMIS D’IMPRIMER : Le Recteur de l Académie de Paris,

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