L III
- Le travail est un déploiement de force
ji contre la force. Il contient trois choses ; l’ac- Ë e tion, la lutte et la peine. Ici bas notre action | je est toujours un travail, tandis que dans la
patrie du ciel, nous agirons sans travailler, comme Dieu lui-même agit toujours et ne travaïlle jamais.
Le travafl suppose donc de la part de l’homme un déploiement d'énergie constante,
Mais jamais, en dehors 4e la vie morale, jamais le travail ne porte mieux son nom, jamais il ne réclame plus d'énergie et de constance, jamais il ne répand plus de sueurs que quand il se charge d'alimenter la vie physique de la patrie. Jamais il n’exige un concours plus général, plus réel, plus désintéressé, plus public, une conspiration plus générale et plus patriotique.
A quoi tient cette vie physique ? Elle tient
PEN à Marre LED Di -
principalement à quatre éléments: les arts, l’industrie, le commerce et l’agriculture.
Avant de m'attacher aux détails, permettez au prêtre, qui ne cesse jamais d’être citoyen,
u’ici même, sous un vêtement qui tient plus du sanctuaire, dans une chaire où enseignèrent les apôtres, armé d’une autorité que l’église communique à tous ses ministres, environné de cet éclat surnaturel qui s'attache au pas de ceux qui évangelisent la paix et les biens d’une autre vie; permettez-lui de payer : ‘om de ia patrie le tribut de louanges mc, .6 à tous ceux de nos compatriotes qui, au milieu des labeurs d’une carrière encore neuve dans notre jeune patrie, ont déjà réussi a donner à nos arts, à notre industrie, à uotre commerce, à notre agriculture, une vie qui ne s’efface pas en présence de l'éclat qui entoure ceux des nations étrangères.
La patrie doit voir avec bonheur l'artiste qui s’étudie à animer son histoire et son sol, l'industriel qui double ses forces, l’intelligente sollicitude du commerçant qui exploite et grossit ses richesses ; l’agriculteur laborieux qui sollicite l’inépuisable fécondité de ses entrailles ; les efforts de ceux qui ont élevé leur zèle pour une de ces quatra choses à la hauteur d’un apostolat patriotique, ou qui font profession d’accueillir le génie protecteur de notre vie physique dans les sanctuaires plus durables d’une institution régulière. Elle doit suivre avec un œil de complaisance ceux
de ses enfants qui vont soutenir jusque sous un ciel jaloux d’une prescription séculaire, la gloire du talent canadien.
Maintenant, M. F,, il faudrait avoir le ta-
lent de ces hommes dévoués pour bien connaître l'importance vitale de leurs œuvres.
Je ne me flatte pas de savoir ce que valent
en réalité les imitations animées de l'artiste,
même pour l'esprit et pour le cœur; le travail de l'industriel, ses exploitations, ses perfectionnements et ses ingénieuses découvertes.
Le commerçant seul peut calculer ce que valent à la patrie ces riches importations d’une plage étrangère, l’exportation régulière de sa propre abondance, cet échange industrieux des biens que la Providence a ménagés aux peuples comme aux individus ; et cette heureuse facilité de relations sociales qu’ils introduisent, sans que jamais cependant l'intérêt
* matériel n'impose aux peuples un sacrifice qui
coûterait au droit, au devoir ou à l'honneur.
Sur ces trois-points importants, je suis donc
forcé de limiter mes réflexions. Cependant j'en connais assez pour me convaincre que la vie physique des peuples, dans quelque élément qu’on la suppose, est toujours une vie; que la patrie a besoin de sa vie physique même au profit de sa vie morale et de sa vie sensible. Le progrès des arts, de l’industrie, du commerce, de l’agriculture, procure naturellement le bien-être des peuples ; le bien-être d’un peuple, dans quelqu'ordre qu'il soit, ne
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se sépare jamais du reste de sa vie sans violence et sans douleur, Au point de vue de l'heureuse intégrité de notre vie sociale et patriotique, nous devons donc vouloir et désirer que nos arts, notre industrie, notre commerce et notre agriculture fleurissent et portent leurs fruits,
Laissone à d’autres, si nous le voulons, dans chacune de ces carrières honoïables, le poids du jour et de la chaleur,
Mais il est une chose que nous ne pouvons pas abdiquer, et que nous ne saurions omettre sans davenir coupables et de lâcheté envers nos frères et de trahison envers la patrie :
c’est le devoir de donner aux arts, à l’industrie, au commerce et à l’agriculture canadiens l’encouragement de nos sympathies et de nos actes,
Ici encore, ce n’est point le fanatisme de l'exclusion que la patrie désire, ni même l’héroïque sacrifice des intérêts personnels en
réseuce de ceux de nos frères. Non, mais orsque des compatriotes naturellement plus chers à la patrie, ne reculent pas eux mêmes devant le sacrifice pour soutenir l’honneur de leurs carrières et mériter notre confiance, il est plus que naturel, il est juste, il est patriatique à nous de leur accorder une réelle protection. Et cette protection, je ne veux pas qu’elle se réduise à des velléités et à de belles paroles ; je veux plus, je veux que chacun agisse comme si l'efficacité de cette protection
ne dépendz’ que de lui seul ; car toute action publique tient à l’action spéciale de chacun.
Vous n'êtes pas étonnés sans donte, mes chers concitoyens, que je détache des autres et réserve à une attention spéciale l’art si ancien, si utile, si noble de l’agriculture. Or en nommant l’agriculture je suis frappé de plusieurs faits que je trouve inconciliables. Les voici: C’est que tout le monde convient que l’agriculture est une chose belle, bonne et vitale, surtout pour nous Canadiensfrançais: tout le monde convient que notre agriculture marche languissamment ; tout le
monde déelare qu’il faut agir pour la ranimer; .
et très peu agissent.
Tout le monde convient que l’agriculture est un élément vital pour nous. C’est elle en effet qui dans une population soustraite aux malignes influences de l’atmosphère des villes, conserve à la patrie une vigueur plus antique, des mœurs plus canadiennes. L'agriculture, par un privilége qui ne fui partagé par aucune autre carrière sociale en Canada, a fourni, dans la personne de ses enfants, des gloires, des défenseurs, des sauveurs de la patrie.
Vous en voyez dans l’épiscopat et le sacerdoce, sur le champ de bataille, dans la magistrature, dans la politique. Je ne veux pas ici aider vos mémoires par un dénombrement qui serait trop long et toucheraït à des noms trop récents. Mais je constate le fait, et j'en conclus qu’envers l’agriculture, nous sommes tous spécialement engagés.
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