MV + M'V' — PT
Et, comme nous l’avons déjà mentionné, M représente la monnaie, M’ les dépôts en banque transmissibles par chèques V et V’leurs vitesses respectives de circulation, P le niveau des prix, T le volume des transactions. On fait ainsi appel à des notions simples et on aboutit à une équation qui est une évidence, et qui signifie simplement que tout ce qui a été acheté a été payé. Elle nous donne une vue des échanges ayant porté sur un certain laps de temps qui a un point de départ : les transactions s'ouvrent; et un point d'arrivée : les transactions sont définitivement closes. L'égalité dès lors se trouve vérifiée, car à chaque mouvement de mar -
Filippi 8
chandises à correspondu un mouvement de fonds. Mais en réalité ce n’est pas ce qui s’est produit, car à. chaque instant des échanges se trouvent engagés, des marchandises livrées ou des services rendus, sans qu'ils aient donné lieu à un paiement. C’est dire qu'ils sont déjà susceptibles de figurer dans le second membre de l'équation mais pas encore dans le premier. Nous verrons par la suite que ces ordres de vente ou d’achat et ces marchés quine sont pas encore suivis de paiement ont une très grande importance dans la formation des prix. Nous ne pouvons donc.pour limiter les variations du pouvoir d’achat de la monnaie, nous appuyer sur une formule qui ne tienne pas compte de ces éléments. Il nous faudrait une équation qui au lieu d’embrasser une période de temps donnât un instantané de la vie économique. Elle nous est fournie par Mr J.-M. Keynest et s'exprime
N=P(K +RK)
Elle fait appel à des notions moins simples peut-être même un peu artificielles, mais elle a l'avantage d’exprimer la situation monétaire à un moment donné. Pour la comprendre supposons d’abord, pour simplifier le problème, un régime où le seul mode de paie ment serait le numéraire. A tout instant chaque particulier garde par devers lui une certaine quantité de monnaie — de francs, de dollars ou de livres — pour faire face aux dépenses éventuelles, prévues ou imprévues. Cette quantité dépend à la fois du prix de la vie et du nombre de marchandises que ce particulier