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vrissement 2ndiscutable n’ait pas apparu dès la cessation des hostilités ? Comment, en fait, n’est-il pas visible pour tout le monde ?
Ici, je fais appel encore à la mémoire des anciens combattants. Au lieu de l’anémie générale que nous nous attendions à constater dès la démobilisation, quelle est la surprise qui nous attendait après que les flonflons de l’armistice se furent tus ?
Alors que tout le monde devait étre plus pauvre, se restreindre et travailler plus qu’avant-guerre, voilà au contraire que bien des gens se croient plus riches ! On vit dans le mirage ! Voilà que de toutes les destructions de la guerre paraissent être sorties des richesses nouvelles. Mais oui ! On en a créé de toutes pièces, elles ont surgi comme par enchantement des champs de carnage, c’est un conte des Mille et une Nuits.
C’est la fantasmagorie des milliards : 35 milliards de nouveaux billets de banque, 60 milliards de bons de la Défense nationale ou du Trésor, plus de 100 milliards d'emprunts de guerre, milliards en comptes-courants de banque ! Oui, camarades, tous les obus tirés, toutes les villes rasées, tous les paysaes lunaires, toutes les tranchées, boyaux, fils de fer, matériel, approvisionnements, toutes les destructions accumulées pendant les quatre années et demie d’enfer, nos casques, nos capotes, nos godillots, etc., tout ce qui s’est évanoui en sang, en flammes et en fumée, tout cela se retrouve, représenté sous forme de billets neufs, de bons du Trésor, de la
Défense, de rentes françaises, etc., que les Français serrent précieusement dans leurs coffres-forts. Et ils se croient riches, les malheureux ! si riches que, lorsqu’on fait le total de la fortune de la France, après le cataclysme, on trouve qu’elle atteint 1.000 milliards (1). De sorte qu’en perdant un bon tiers de son capital, la France croit l’avoir triplé !
% De 1914 à 1919, le pays a subi un appauvrissement général par la disparition d’un tiers de sa richesse, ou, si on préfère, par la destruction du tiers de ses. moyens de production. Tel est le premier diagnostic du médecin. L Ÿ Son examen va porter maintenant sur notre état de santé pendant les années d’après-guerre.
Depuis l’armistice, le pays a-t-il pu refaire une partie de sa substance ? | Au contraire, quelque nouvelle He: ne se.
serait-elle pas abattue sur la France anémiée, dont
nous venons de constater le déplorable état général ?