‹ La Stase Intestinale ChroniqueChapitre 19 sur 41 · NUE · texte numérisé non relu

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Cliniquement, Lardennois distingue deux cas . Les cas légers : où la ptose est peu accusée, la musculature du cœcum encore en bon état. Dans ces cas, il n'y à que de petits accidents. C’est après un repas copieux ou indigeste, une sensalion de tension dans la fosse iliaque droite ; celte gène pesante, pénible, dure plusieurs minutes, un quart d’heure. La région cœcale est le siège de borborygmes puis tout s’apaise, parfois à l’occasion d’un mouvement, d'un changement d’attitude.

Dans les cas accentués il existe en dehors de toute crise une gêne constante plus ou moins accusée ; il y a de la rétention cæcale permanente, Celle-ci se manifeste par de la pesanteur dans la fosse iliaque, dans le bassin, des tiraillements dans les reins. Cette douleur sourde est due à la réplétion du cæcum et du côlon ascendant par les résidus alimentaires, et accrue par les fermentations gazeuses qui distendent le gros intestin et également aux phénomènes d’appendicite associée. La palpation de la fosse iliaque, au voisinage du point de Mac-Burney, peut provoquer une tension pénible dans le cæcum, et Lardennois formule la règle suivante : « Lorsqu'on refoule vers le cœcum le contenu du côlon transverse et du côlon ascendant on provoque une douleur dans la région pelvienne droite. Lorsqu'on refoule de bas en haut le contenu du cœcum prolabé vers le côlon sans violence, en s’y reprenant à plusieurs fois, la douleur disparaît. Ce serait là un sione diagnostique de première importance.

Les évacualions intestinales sont toujours modifiées ; la constipation est de règle, mais les fins de garde-robe sont diarrhéiques, fétides, et renferment du mucus et des fausses-membranes. C'est là la fausse diarrhée admise par Mathieu.

De-temps à autre apparaissent des crises. Elles surviennent souvent sans cause, dans la station debout ou assise, ou bien après un repas abondant, après une promenade en voiture avec secousses. Ce

sont des douleurs fongitives, de gène, de distension

à siège mal défini, situé en général au-dessous du point de Mac Burney, parfois plus en dehors tout près de l’épine iliaque antérieure et supérieure. Si on examine la région douloureuse on peut en constater le soulèvement. La paroi est souple. La pression peut exacerber la douleur en exagérant la distension du cœcum ou en provoquant une contracture ; si cette pression est faite très bas au-dessous du point de Mac Burney et en remontant elle apaise la douleur. Le décubitus latéral droit est pénible. Le décubitus gauche, le décubitus ventral favorisent la déplétion cœcale et instinctivement le malade prend ces dernières positions. La palpation du cœæcum donne Ja sensation d’une tumeur molle, fluctuante, Cette tumeur vient au contact de la paroi abdominale fout près de l’arcade crurale ; elle est submate à la percussion pendant la crise douloureuse ; elle est le siège de gargouillements vers la fin de la crise. Cette terminaison peut être accélérée par une pression méthodique de bas en haut.

OT RC EE AT ES OL ENT Pr ER Du eee Wie ur

Les accidents durent parfois plusieurs heures avec

accès paroxystiques ; pendant ce temps la tempé-

rature peut monter de quelques dixièmes de degré

et le pouls s'accélère un peu. La terminaison est gé-

néralement suivie de l'émission de gaz et d’une

évacuation diarrhéique.

L'affection évolue ainsi de façon chronique avec de temps à autre des crises, mais peu à peu la santé générale se trouble ; ces malades {ce sont le plus souvent des femmes) toujours fatigués, ne pouvant rester debout, ne pouvant se livrer à aucune occupation sont de véritables infirmes ; elles maigrissent, leur caractère se modifie, elles deviennent nerveuses, hypocondriaques.

Les troubles généraux sont toujours très marqués. Ce sont souvent eux qui incitent le malade à consulter ; céphalées fréquentes et durables, migraines avec nausées et vertiges, haleine fétide, et sucurs fétides, langue saburrale, dyspnée gastrique, peau sèche, jaunâtre, mains froides, anémie plus ou moins marquée,

A côté de cette forme commune de stase colique droite, Chiray a décrit plusieurs autres aspects sous lesquels la stase peut se manifester.

Une forme hépatique avec des manifestations post-pradiales, état migraineux, et asthénie. A l'examen on trouve un foie gros, qui déborde de plusieurs travers de doigts, douloureux à la pres-sion. La constipation causale peut rester méconnue soit que l'attention se porte exclusivement sur

les accidents hépatiques, soit que la stase intestinale n’apparaisse pas nettement en dehors des examens radiologiques. Brulé et Garban ont insisté sur ces malades sédentaires, gros mangeurs de pain qui malgré des selles copieuses de côlite présentent de la stase intestinale.

Une forme vésiculaire avec la symptomatologie classique de la cholécystite chronique non lithianique : teint jaunâtre, subictèrique, petites poussées thermiques intermittentes à 37°,8 38°, lassitude, asthénie, lourdeur sourde et continue de l’'hypocondre droit, parfois irradiation à l'épaule droite. Urobilinurie, avec parfois légère cholurie: Sur ce point, se greffent des paroxysmes douloureux, soit à type côlitique, soit à type vésiculaire, Tous ces accidents sont des manifestations du syndrome entéro-hépatique. Les microbes avec leurs toxines sont résorbés au niveau de la muqueuse intestinale et amené au lobule hépatique par la voie sanguine. Du Jobule hépatique les microbes et toxines passent dans les voies biliaires et retournent à l’inlestin, mais ils laissent des traces de leur passage sous forme d’angiocholite et surtout de cholécystite.

Une forme rénale. C'est le syndrome entéro-rénal. Les troubles rénaux engendrés par la stase intestinale chronique, consistent en accidents infeclieux liés à l’altération des voies urinaires par des germes d'orgine intestinale et se traduisent, soit par la pyélonéphrite, soit par la cystite colibacillaire.

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Une forme pseudo-néphritique. 11 y à oligurie habituelle. Cette oligurie s’exagère au moment des crises de rétention stercorale, À cette oligurie se superpose une albuminurie liée sans 42:14 aux résorptions toxiques effectuées dans l’anse stasique. Des troubles digestifs mulliples apparaissent qui simulent l’urémie digestive. Le diagnostic est fait par les signes radiologiques qui montrent une coprostase ct par l'absence d’hyperazotémie.

Une forme respiratoire. L'existence de troubles respiratoires dans les affections du tube digestif est ‘un fait bien connu. Il n’est pas rare d’observer au cours de l’appendicite chronique des manifestations pulmonaires qui en imposent pour une tuberculose pulmonaire. La stase intestinale qui réalise les conditions les plus propices à l’envahissement du sang par le colibacille peut se compliquer au même titre que les entérites et que l’appendicite chronique de toutes manifestations pleurales et pulmonaires broncho-pneumonies, abcès du poumon, pleurésies séro-purulentes.

Une forme fébrile. Toute la symptomatologie tient au moins pendant assez longtemps dans de petits accès fébriles vespéraux accompagnés de courbatures avec altération de l’état général. Aussi, pense-t-on à la tuberculose.

Une forme anémique, décrite par Lœper et caractérisée par une pâleur très marquée avec hypoglo-

bulie persistante.

Nous lterminerons notre étude sur la stase colique droite en rappelant l'opinion émise par Goiffon concernant l’entemæba coli, comme signe de la stagnation colique droite. L'eutemœæba peut exister à l'état pathologique dans les segments coliques dont le contenu, maintenu liquide par l'hypersécrétion de la muqueuse, se vide mal. On l’a observé dans toutes les parties du côlon, mais c’est surtout le côlon ascendant qui offre fréquemment les phénomènes de stase. Ces cæco-ascendants dilatés et qui se vident incomplètement n'offrent-ils pas des conditions propices à la vie des amibes saprophytes. Depuis dix ans d'expérience cette interprétation de Goiffon s’est trouvée exacte et vérifiée soit par la clinique, soit par la radiologie. La présence d’entemœæba-côli doit donc orienter l'attention vers une cavité colique à contenu liquide et à évacuation incomplète, Ce sera le plus souvent le côlon ascendant qui sera en cause.

B) LA STASE GAUCHE.

Doit-on l'appeler stase ? Elle est en effet à la limite de la stase et de la constipation.

Contrairement à la stase droite, cette stase gauche est souvent prafaitement tolérée.

En effet, dans le côlon gauche les selles se déshydratent, tout travail chimique cesse ; la vie des bactéries et des levures s'arrête. Aussi quelques soient son degré et sa durée, la stase gauche est en géné-

ral facilement supportée et d'énormes amas de matières qui ne constituent plus que des corps étrangers et sans action toxique peuvent être retenus dans le côlon terminal sans provoquer de troubles sérieux. |

Dans la stase colique gauche, le palper du côlon descendant permet de découvrir des scyballes étagées dans la fosse iliaque, fragmentées sous l’action des. spasmes coliques ou, au contraire, amassées dans l'intestin dilaté et atone.

La stase gauche n'’entraîne d'ordinaire que de légers inconvénients : céphalée, malaises vagues, somnolence, pesanteur après les repas qui cessent quand les fonctions intestinales se régularisent.

Pour Patel et Bérard, ce sont «les occlusions frustes incomplètes ». Le signe capital est la constipation d’abord, à laquelle succèdera la fausse diarrhée symptomatique de côlite avec troubles digestifs plus ou moins accusés. De temps à autre surviennent des phénomènes un peu plus aigus. La douleur alors apparaît localisée par les malades dans l’hypocondre gauche, Le cæcum et le côlon transverse peuvent être assez dilatés pour que leur distension soit très manifeste à la palpation et cette palpation est alors douloureuse ; puis après l'évacuation abondante de gaz et de matières, les accidents cessent.

3° La stase bipolaire.

Il s’agit de malades qui présentent de la dyschesie pelvi-rectale, mais chez lesquels assez rapide-

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