B) COMMENT FONCTIONNE NORMALEMENT LE GROS IN- TESTIN
Actuellement, à la suite des observations faites à l’aide de la radiographie et de la radioscopie combinées, 1] résulte que le gros intestin présente des mouvements de plusieurs sortes
1. Les grands mouvements de déplacement du côlon. — Ils consistent uniquement en des déplacements considérables des segments du côlon pourvus d’un long meso, et principalement du côlon transverse. Sous l'influence de contractions lentes, qui se produisent vraisemblablement dans les muscles lisses de son méso-côlon, le transverse se courbe ou se tord, Ces mouvements sont appelés pendulaires ou serpentiformes.
Normalement, on considère que ces grands mouvements spontanés n’exercent aucune influence sur la progression des matières. Mais ée n'est pas évi-
dent, et d’après Bensaude, il est possible que ces déplacements produisent un tassement du contenu intestinal, et même qu'ils favorisent les contractions ‘ des fibres musculaires longitudinales.
>) Les petits mouvements de pétrissage. — Il s'agit de petits mouvements continuels sans direction déterminée, et qui consistent en une sorte d'onde sur place ne se propageant pas à l'ensemble du côlon. Ils servent à mélanger intimement le chyle avec les sucs digestifs intestinaux. Ces mouvements de malaxage semblent avoir un effet à peu près nul sur la progression des matières.
3°) Les grands mouvements de propulsion des matières. — La progression des matières dans Île côlon semble se faire essentiellement sous l’influence de grands mouvements intermittents. Au cours d’un examen radioscopique on voit soudainement disparaître les bosselures et les sillons de tout un segment du gros intestin, par exemple du côlon transverse, qui se transforme ainsi en une sorte de saucisse à bouts et à bords arrondis, et le contenu de ce segment passer avec une grande vitesse dans Ie côlon descendant : le descendant présente tout d’abord aussi l'aspect d’une saucisse non segmentée, mais il reprend son aspect normal dès que s'arrête le violent mouvement de chasse qui a en quelque sorte projeté le contenu du transverse dans le descendant. Semblable mouvement de chasse peut s’observer au niveau du côlon ascendant. L’Energie pro-
pulsive est variable, et de son intensité dépend Ja distance parcourue par le contenu intestinale.
4°) Les mouvements de défécation. — Ces mouvements sont très probablement dus à la contraction tonique de toutes les fibres musculaires lisses de l'intestin, Pour certains ces mouvements sont limités à la proportion terminale de l'intestin. Pour d'autres, le segment proximal du côlon participe également à ces mouvements. Ces mouvements défécatoires amènent l’évacuation de la masse contenue dans l’ampoule rectale et l’S iliaque, et parfois aussi d’une partie du contenu du côlon descendant.
5° Mouvements antipéristaltiques. — L'existence de ces mouvements anti péristaltiques était encore discutée par certains auteurs. Mais actuellement il semble établi d’une façon certaine, que ces mouvements anti péristaltiques existent. Case a vu dans de nombreux cas un anneau constricteur tonique placé presque toujours sur la moitié droite du transverse, près de l’angle hépatique ; de cet anneau partent des mouvements anti péristaltiques qui se manifestent sous la forme de vagues dirigées vers le cœcum. Ce même phénomène a été constaté par Bœhm. Ces observations de Case et Bœhm sont les seules qui établissent l’existence d’un anneau constricteur tonique chez l’homme. Toutefois, d'assez nombreuses constatations radiologiques peuvent être invoquées à leur appui.
6° Mouvements passifs du côlon. — Ces mouvements consistent essentiellement en déplacements provoqués par l’état de plénitude ou de vacuité de
l'estomac et de l'intestin grêle, par les changements
de position du sujet, par la palpation manuelle et par l’action des mouvements respiratoires.