page 174). — Cean Bermudez, t. IV, p. 3 et suivantes
37. (page 174). — Pacheco fut un maitre dans l’art d’exécuter des portraits à une époque où ce genre de peinture n’était pas en grand honneur. Il en peignit à l’huile plus de cent cinquante. II paraît aussi avoir excellé dans les portraits au crayon noir et à la sanguine. Tous ses contemporains célèbres, y compris Miguel Cervantes, posèrent devant lui. A ce propos, le grand poète D. Gomez Francisco de Quevedo y Villegas lui dédia les vers suivants :
« Pour la gloire de Séville,
Le docte, l’érudit, le très habile Pacheco avec un crayon ingénieux Conserve ces croquis Q.ui honorent les nations Sans que la ressemblance
Qu'on doit louer soit obtenue à l’aide de la couleur. Seuls le charbon et le plomb Donnent à l’image l’àme et la vie. »
Outre Quevedo, les plus illustres poètes, et de ce nombre Lope de Vega, ont célébré Pacheco. Voici l’éloge que ce dernier lui adressa :
« De Francisco Pacheco les pinceaux Et la plume fameuse [mérite égal.
Composent des tableaux, des vers et de la prose d’un Il est l'Apelle de la Bétique Ou bien, entraîné dans le même orbite,
Il est la planète d’où Herrera est né ;
Parce que, vivant avec lui et dans elle,
Là où Herrera est soleil, Pacheco est étoile. »
On reprochait seulement à l’artiste, dont le dessin atteignait à la perfection, le coloris un peu terne de ses tableaux. Un jour qu’il avait exposé un Christ en croix, un de ses compatriotes écrivit dessous ce quatrain :
« Qui vous a rendu. Seigneur,
Si pâle et si sec ?
Vous me direz que c’est l’amour de l’humanité,
Mais moi je prétends que c’est Pacheco. »
Comme poète, Pacheco a laissé des pièces
éparses qui le classent parmi les meilleurs de cette époque ; comme prosateur et critique d’art, un travail excellent intitulé Artc de la pintiira où il est surtout question de la peinture religieuse. J’ajouterai, ce détail à son prix, que le 7 mars i6i8, Pacheco fut nommé par le Saint Office censeur des œuvres d’art et qu’il reçut mission de signaler celles qui lui paraissaient répréhensibles au point de vue de la décence ou des convenances générales. Pacheco était en relations d’étroite amitié non seulement avec les membres du Saint Office, mais aussi avec les Jésuites de Séville qui l’aidaient de leurs conseils quand il étudiait un tableau religieux.
Cean Bermudez prétend que le maître sévillain fut le premier à peindre des paysages en perspective sur les fonds des bas-reliefs. A les très bien peindre, peut-être, mais non pas à les peindre, car avant lui bien des polychromistes s’étaient essayé, souvent même avec succès, à unir les reliefs naturels à ceux que le pinceau peut donner. Les œuvres de Juan de Juni (p. 120 et PI. XLI) et de Hernandez {p. 138 et phot. 185) à Valladolid, de Vasco Pereyra pour le monastère de San Leandro (p. 1 15 et note 33) et de Raxis (p. 109 et phot. 137» 138) à Grenade offrent même quelques beaux exemples de combinaisons analogues.
38. (page 174). — Dans le livre qu’il composa sous le titre : Littérateurs célèbres nés à Séville, Rodriguez Caro dit : « Francisco Pacheco, célèbre peintre de cette ville dont l’atelier était l’académie où se formèrent les esprits les plus cultivés de la ville et de l’étranger. » C’est de cet atelier que sortirent Velasquez et Alonso Cano.