‹ La statuaire polychrome en Espagne; illustré de quatre-vingts planches tirées hors texte et de trois planches en couleursChapitre 52 sur 171 · RETABLE DE SAN GERONIMO A GRENADE · texte numérisé non relu

RETABLE DE SAN GERONIMO A GRENADE

Quint ayant décidé d'affecter la nouvelle église à la sépulture de Gonsalve de Cordoue et de sa lemme Maria Manrique duchesse de Terranova y Sesa, les chantiers prirent une grande activité”.

Diego de Siloee jouissait d'une réputation de sculpteur que balançait seule sa réputation d'architecte ; on lui commanda le retable du maître-autel et sans doute aussi les statues funéraires de Gonsalve et de sa femme. C'était un travail considérable dont il n'aurait pu accepter la charge s'il ne se fût entouré de nombreux collaborateurs 'LLeur nom nous a été transmis et nous devons nous en féliciter, car ils offrent par leur rapprochement un exemple de ces curieuses associations artistiques que j'ai eu souvent l'occasion de citer.

Le licencié Velasco composa le retable d'après le projet de Diego de Siloee, Pedro de Uceda en modela les figures et les sculpteurs Juan de Aragon, Pedro Orca et D. de Na vas furent chargés de tailler les personnages et les ornements qu'un artiste célèbre, Pedro de Raxis dora, damassa et peignit 'L

Le retable de San Geronimo doit être classé parmi les plus grands et les plus beaux, mais sa valeur artistique tient surtout à la polychromie. Pedro de Raxis qui passe pour avoir étudié la peinture en Italie et qui dota Grenade de tableaux appréciés, transforma l'œuvre de ses collaborateurs et fit des morceaux excellents avec des bas-reliefs simplement corrects. Trois méritent d'être décrits.

Sainte Marguerite, vêtue d'une robe brun rouge damassée d'or et enveloppée dans un manteau indigo foncé, doublé de drap d'or et couvert lui-même de broderies d'or très délicates, s'avance guidant un dragon enchaîné et dompté. Dans le fond du paysage, s'élèvent des montagnes abruptes dont l’or est glacé de brun. Le frottis très léger vers les sommets devient plus épais et partant plus foncé à la base, tandis que le ciel dégradé passe d’un bleu gris très doux et très fin à un ton rose apaisé qui enveloppe les cimes. Une auréole d’or entoure la tête de la sainte [-phot. i}").

Le second bas-relief présente au milieu des rochers et des arbres une femme en prière dont la chevelure dénouée constitue l’unique vêtement [phot. i}8). 11 s’agit, paraît-il, de sainte Marie Siaca (^Siriaca?) La difficulté était considérable, car le polychromiste, n’ayant plus la ressource des damas et des draperies, devait chercher ses effets dans la peinture des nus et du paysage. 11 la résolut avec beaucoup d’habileté. La tête et les chairs d'une coloration très chaude, les cheveux

d'un ton qui va de la terre d'ombre brûlée à la terre de Sienne naturelle s'opposent aux bleus verdis qui la dominent dans le paysage ’L Ici encore, le terrain et les montagnes sont glacés sur un fond d'or. Le ciel qui, au zénith, est d’un bleu plus vigoureux que le ton des rochers ou du terrain, se dégrade en descendant jusqu'à devenir orange. Sur toute son étendue, il est taillé de hachures d'or très fines qui lui donnent une transparence et un éclat singuliers. ■Vues à quelque distance, ces polychromies, et la dernière surtout, laissent l'impression des paysages de Léonard de 'Vinci et des peintres de son école. Si Pedro de Raxis ne fit pas le voyage d'Italie, il étudia les œuvres des peintres florentins ; c'est manifeste.

Le dernier bas-relief est surtout intéressant par le sujet. J’y ai déjà fait une courte allusion. 11 représente Raxis peignant le retable de San Geronimo. Le maître tient à la main une large palette rectangulaire ayant à chaque angle un creux en forme de godet où il puise avec son pinceau pour composer le ton qu'il prépare. Un élève s’approche et lui porte un flacon plein d'un liquide dont il semble vérifier la clarté.

Le retable de San Geronimo est l’un des premiers où le traceur ait abandonné la décoration gothique et inauguré les formes empruntées à l’architecture classique. 11 établit une démarcation décisive entre la tradition nationale et les enseignements rapportés d'Italie. A ce titre, il méritait une mention; mais comme Diego de Siloee avait choisi ses collaborateurs parmi les artistes du Nord et parmi les Andalous, — Raxis, notamment était né à Grenade, — j'en aurais ajourné la description n'était le nom de son auteur et la part prépondérante qu'il dut prendre dans l'exécution des statues orantes de Gonsalve de Cordoue et de sa femme la duchesse de Terranova et de Sesa.

Le Gran Capitan {phot. ijq, rqo) représenté à genoux dans une attitude consacrée et quasi hiératique porte le harnais en usage à la fin du xv‘ siècle. La tête est belle, expressive et d'un beau modelé. Les mains furent également étudiées par un maître. Toutes les pièces de l’armure sont damasquinées et rendues avec un soin précieux. La chemise de mailles, dorée au col et au bord des manches et de la jupe est couverte d'une cuirasse d'acier rayée dans la longueur de bandes d or ciselé. En or également sont les épaulières, les jointures des brassards et des cuissards, tandis que ces dernières pièces portent comme la

( iio)

Flanche XLI\ . — Annonciaiion.

Chapelle de la conl'rcrie de Nuestra Seùura de las Angustias — Valladolid — Bois peim et doré Sculpture de Cristobal Velasquez, peinture de E. de Prado. — Phoi. inédite de l'Auteur.

d un ton qui va de la terre d ombre brûlée à la terre de Sienne naturelle s'opposent aux bleus verdis qui la dominent dans le paysage 'L ici encore, le terrain et les montagnes sont glacés ,<ur un fond d'or. Le ciel qui. au zénith, est d’un bleu plus vigoureux que le tim des rochers ou du terrain, se dégrade en descendant jusqu à devenir orange. Sur toute son étendue, il est taillé de hachures d’or tré.s ('eu - qui lui donnent une transparence et un éclat singuliers. Vues à quelque distance, ces polychromies, et la dernière surtout, laissent l'impres-sion dl.•^ p.ivs.ige.s Je Lér.nard de 'Vinci et des peintres de son école. Si Pedro de Ravis 'k 'u pas le voyage d'Italie, il étudia les œuvres des peintres florentins ; c’ -.le

l e d. liUvC bas-relief est surtout intéressant par le sujet. J'y ai déjà fait une .iéusion. Il représente Raxis peignant le retable de San Geronimo. Le maître tient à la main une large palette rectangulaire ayant à chaque angle un creux en forme de godet oii il puise avec son pinceau pour compo.ser le ton qu'il préparé. L'n élève s'approche et lui porte un flacon plein d'un liquide dont il semble vérifier la clarté.

Le retable de San Geronimo est l'un des premiers où le traceur ait aband.i-iué i.'; décoration gothique et inauguré le.s formes empruntées .1 l’architecture eh'-.iqiie il établit une démarcation décisive entre la tradiii'ui îutlonale et les er: t igneuieiits rapportés d Italie. A ce titre, il méritait une mention ; maiscomme Dii go .Je Siloee avait choid ses collaborateurs parmi les artistes du Nord et parmi les .XnJalouo — Haxis, notamment était né à Grenade, — j en aurais ajourné 1,1 de.scnptioi; n était le nom de son auteur et la part prépondérante qu'il dut po ndre dan.' fexécution des statues ôtantes de Gonsalve de Cordotie et de sa i.mmc la duchesse de ferranova et de Sesa.

Le Gran Capitan iphnt. 1 iy, 140) représenté à genoux dans une attitude c<>nsacrec et quasi hiératique porte le harnais en usage à la fin du xv' siècle. La tète est belle, expressive et d un beau modelé. Les mains furent également étudiées par un maître. Toutes les pièces de l'armure sont damasquinées et rendues avec un soin précieux. La chemise de mailles, dorée au col et au bord des manches et delà jupe est couverte d'une cuirasse d’acier rayée dans la longueur de bandes d’or ciselé. En or également sont les épaulières, les jointures des bra'i.-ards et des cuissards, tandis que ces dernières pièces portent comme la zoi 1 auzo/zA — . /lJ(^,uti'jni;lM

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