L'ÉCOLE DE SÉVILLE ET SES PREMIERS MAITRES
Lonnxp de Mercadenle. — Hiifro Sanchei- — ■ Dancart. — Relabk de la cathédrale de Séville. — Vierge de rHiniesla. — Vierge del Madroîio. — Vierge del Repose. — Vierge des Rois Catholiques. — Pedro Millau. — Francisco Nicidoso Pisano. — Miguel Florentin. — Torrigiano.
— Micer Anioino Florentin. — Bartolouie Morel. — Pedro Delgado. — Le capitan Cepeda.
— Geronimo Hernandei. — Gaspar Nuùei Delgado.
La célèbre bataille de Navas de Tolosa gagnée le i6 juillet 1212 sur la horde innombrable que conduisait à une nouvelle conquête de l’Espagne l’émir Mohammed Abou Abd Allah, avait décidé du sort des Musulmans et ouvert les portes de l’Andalousie aux armées combinées des rois de Castille, de Navarre et d’Aragon. Cordoue s’était aussitôt rangée sous le pouvoir de saint Ferdinand. Quelques années plus tard, le 19 novembre 1248, le même monarque, poursuivant le cours de ses victoires, enlevait Séville aux envahisseurs. Le siècle n’était pas achevé qu’ Alphonse le Savant y transportait le siège du gouvernement. Quel fut, au point de vue des arts, le résultat de ces brillantes campagnes? La maison habitée par les Mores d'Andalousie était si bien adaptée aux conditions du climat, si élégante, si gaie avec ses faïences et sa décoration de stucs ciselés et colorés que ses dispositions générales furent conservées, et, d’autre part, les chrétiens nw^arabes s’étaient si bien approprié les habitudes de leurs maîtres séculaires qu’ils en avaient adopté la langue, l’écriture, le costume, les mœurs et que leur cœur, leur esprit et leur âme s’étaient eux-mêmes transformés ‘. Ce n’est pas le lieu de rappeler ici les preuves que j’ai données de cette infiltration générale, mais l’on éprouve toujours une certaine surprise quand
on tient entre les mains des dinars chrétiens en tout semblables aux dinars almoravides, quand on rencontre des manuscrits, derniers vestiges de la littérature aljamiada^ écrits en langue espagnole avec des caractères arabes, quand on trouve dans le tombeau de saint Ferdinand des étoffes et, mieux encore, des vêtements orientaux, quand on apprend par les récits des contemporains que Pierre le Cruel ne se bornait pas à s’asseoir, à s’habiller et à vivre comme ses voisins les Musulmans, mais que s’il eût invoqué Allah, il ne l’eût pas prié autrement qu’il ne priait le Dieu des chrétiens. Dans de pareilles conditions, l’on conçoit combien dut être lente la transformation de l’architecture civile et l’on s’explique que, longtemps après l’expulsion des Mores, elle garda encore ce caractère oriental désigné par les Espagnols sous le nom de mudejar. Les exemples abondent. L’Alcazar de Séville agrandi par Pierre le Cruel de 1 3 j j à 1 364 et remanié par ses successeurs (pliot, 198;, la Casa de Pilatos de la même ville commencée dans les premières années du xvi' siècle, sous le règne de Ferdinand le Catholique (phot. 199) sont des monuments mudejars très purs, très élégants qui rappellent, à bien des égards, les palais des souverains mores de Grenade. A vrai dire, si l’on s’en tient aux constructions civiles, le sud de l’Espagne n’a pas connu de transitions brusques entre l’architecture persane que modifia fort peu son transport le long des rivages de la Méditerranée et l’architecture classique de la Renaissance.
Il en alla tout autrement de l’église que les chrétiens voulurent opposer à la mosquée et qui devait symboliser le triomphe de la croix. A part des minarets conservés parfois à titre de clochers’ {pkot. 200, 201, 202), à part les charpentes et les menuiseries confiées sans doute à des ouvriers musulmans, à part quelques détails de construction, — telle la porte du Pardon de la cathédrale de Séville datant de 1 540 environ et dont les vantaux couverts de plaques de bronze estampé portent des inscriptions chrétiennes en caractères coufiques [phot. lo)) — les temples élevés dès le lendemain de la conquête, le furent dans le style roman ou ogival de l’époque où ils étaient construits L Leur érection eut, comme partout, pour conséquence l’ouverture d’ateliers de sculpteurs. Les architectes prenaient modèle sur les édifices religieux du Centre et du Nord de l’Espagne, leurs collaborateurs eurent pour maîtres les imagiers des mêmes régions. C’est ainsi que les écoles andalouses devinrent tributaires des écoles de Castille et d’Aragon.
On connaît un certain nombre d’artistes de cette première période. Leurs
Planche LIX. — Vierge.
(Chapelle de Notre-Dame del Pilar de la cathédrale de Séville. — Terre cuite peinte Sculpture de Pedro Millan. — Phot. inédite de l’Auteur
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