‹ La statue de J.-J. RousseauChapitre 2 sur 55 · VI PREFACE · texte numérisé non relu

VI PREFACE

Non , la France n'est pas tout entière embourbée dans les soucis des intérêts matériels, comme le croient de nobles esprits trop prompts à se décourager; non, le foyer de son enthousiasme n'est pas éteint; non, sa passion pour l'humanité n'est pas morte. Je n'en veux pour témoin que les acclamations dont elle accompagne ceux qui lui parlent .le fier langage de la justice et de la liberté proscrites.

Le silence a pu se faire un moment dans ses tribunes, où jadis ont retenti de si grandes voix; la nuit a pu obscurcir pour un temps la route où elle s'élançait radieuse, confiante dans son droit et dans l'avenir; mais à travers les ténèbres elle n'a pas quitté des yeux le point lumineux qui la guide vers le but ardemment poursuivi : cette lumière, c'est la philosophie; ce but, c'est la liberté.

Des amis connus et inconnus m'ont vivement sollicité de mettre sur le papier et de publier, sous forme de brochure, les paroles prononcées par moi dans la salle de l'Athénée. Seulement il m'a paru que c'était chose insuffisante de refaire, sur des notes éparses, une

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